Le vendredi 11 août 2023 n’a pas été une journée ordinaire pour les responsables du GIC FAWAH KI DES Agro-éleveurs du quartier DJAMBAL-BAR à Kousséri. Ceux-ci ont effet reçu la visite d’une importante délégation constituée essentiellement des élites du département, conduite par l’Honorable KAMSSOULOUM ABBA KABIR et sa Majesté Mahamat Abba 2.
Ces personnalités étaient accompagnées du DÉLÉGUÉ DÉPARTEMENTAL DE L’ELEVAGE ET DE LA PÊCHE DU LOGONE ET CHARI, BOUKAR ABOUYA, de MAHAMAT ABISSO membre de la chambre d’agriculture pour ne citer que ceux-là. Une visite de courtoisie chez quelques entrepreneurs de la ville a été entreprise, dont l’objectif est de soutenir, d’encourager, de promouvoir et de valoriser l’ensemble de leurs activités.
Ces activités, porteuses de développement économique pour le Logone et Chari.
Introduite au Cameroun depuis 1948 selon la FAO, la pisciculture est considérée comme l’un des piliers moteur de la croissance économique. En 2013, sa production estimée à plus de 1000 tonnes par an, selon le MINISTÈRE DE L’ÉLEVAGE, DES PÊCHES ET DES INDUSTRIES ANIMALES (MINEPIA), est aujourd’hui en hausse au regard de l’expansion des industries piscicoles. Le GIC FAWAHKI situé au quartier DJAMBAL-BAR à Kousséri, n’a pas laissé indifférent ses visiteurs. Il est spécialisé dans l’élevage des silures encore appelé poisson chat, dont l’elevage se fait dans des étangs sol, des étangs hors sol et sous-sol. Hors-mis l’élevage du poisson, ABATCHA SOULEYMANOU délégué dudit GIC, s’emploi également à la fabrication des pépinières d’arbre fruitiers à l’instar des grenadiniers, des raisins, des manguiers etc; et l’élevage de la volaille.
Un espace bien aménagé à domicile, recouvert d’arbres fruitiers, qui offrent des conditions normales de température, variant entre 25°C et 30°C en saison pluvieuse et froide, et 30°C à 35°C en période de fortes chaleurs; résolvant de facto, les problèmes liés au climat dans cette partie du Cameroun où, généralement, les conditions climatiques ne favorisent pas le développement de cette activité. Une température faut-il le dire, adaptée pour la reproduction des poissons.
La production du GIC FAWAHKI est estimée à plus de 50.000 poissons par an soit, une fois tous les quatres mois, si toutes les conditions sont réunies. Une écloserie dotée d’un dispositif adéquat pour la production des alevins a été construit. Celle-ci peut produire au moins 100.000 alevins, en fonction de la demande.
La production des alevins nécessite une bonne expertise. Celle-ci fort malheureusement, ne coure pas les rues du département. Pour ce faire, ABATCHA SOULEYMANOU fait appel aux experts du Nigéria. Une situation coûteuse pour les jeunes agros-éleveurs, qui parfois, sont contraints d’utiliser la méthode traditionnelle de reproduction, pour y parvenir tant bien que mal.
Au Cameroun en général et dans le Logone et Chari en particulier, la demande en poissons est très grande. Selon le MINEPIA, elle est de plus 400.000 tonnes, pour une production de 180.000 tonnes seulement par an. En mettant sur pieds cette initiative, ABATCHA SOULEYMANOU entend contribuer à réduire d’une manière satisfaisante, la demande locale.
Parti de deux étangs sous-sol à 13 étangs aujourd’hui, grâce à l’ONG ACEFA qui a permis le financement des investissements et la mise à disposition du GIC, d’un responsable du programme, expert en conseil de développement des organisations. les poissons élevés par le GIC FAWAHKI de DJAMBAL-BAR sont principalement les silures qui sont plus faciles a élevés en pisciculture, et très prisées par les populations. Le kilogramme oscille entre 2000 frs et 2500 frs en détail, et 1700 frs et 2000 frs au prix de gros. Une aubaine pour le producteur, mais aussi pour le consommateur.
Le plus souvent, les produits du GIC FAWAHKI sont acheminés vers les producteurs locaux en ce qui concerne les alevins, et dans les grands marchés de la ville et du Tchad voisin, pour ce qui est du poisson.
Pour l’Honorable KAMSSOULOUM ABBA KABIR, le projet piscicole mis en œuvre par le GIC FAWAHKI, est un veritable catalyseur de développement économique, en dépit des difficultés rencontrées au quotidien.
L’eau est un facteur incontesté pour la réussite de tous projets piscicoles. Conscient de ce fait et de la triste réalité camerounaise en matières de fourniture d’eau, ABATCHA SOULEYMANOU a mis sur pieds un forage électrique. En cas de coupure d’électricité et d’eau, il démarre son groupe électrogène et met en marche le forage. Les eaux usées des étangs servent pour arroser les arbres fruitiers qui sont associés a cette activité.
La visite presqu’ inopinée de l’Honorable KAMSSOULOUM ABBA KABIR et sa suite ont permis non seulement de s’enquérir des atouts et des difficultés que présente le secteur de la pisciculture dans le département, mais aussi de témoigner aux jeunes entrepreneurs qui ont pris le risque, qui ont osé malgré les difficultés multiples, leur soutien, leur encouragement. ils se sont dits prêts à leur apporter leur soutien et leur accompagnement en cas de nécessité.
Ils interpellent à cet effet les jeunes du département, à se lancer dans de telles activités. Une production locale pour une consommation locale ! Sans aucun doute, la multiplicité de cette activité, mettra fin à la consommation du poisson importé dans le département. Il ne nous reste qu’à leur souhaiter bon vent !
Arsène Nna
