ONU : Le revers diplomatique de Macky Sall

Gazelle D'Afrique

L’ancien président sénégalais voit ses ambitions internationales s’assombrir. Faute de consensus au sein de l’Union africaine et désavoué par les nouvelles autorités de Dakar, sa marche vers le secrétariat général des Nations unies ressemble désormais à un parcours du combattant.

Le rêve new-yorkais de Macky Sall vacille. Alors que l’ancien chef d’État sénégalais (2012-2024) lorgnait le poste prestigieux de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour succéder à António Guterres, la machine diplomatique africaine vient de lui infliger un coup d’arrêt brutal. Ce 27 mars 2026, l’Union africaine (UA) a officiellement acté l’absence de soutien à sa candidature, plongeant le camp Sall dans l’incertitude.

Tout s’est joué sur une subtilité procédurale : la « procédure de silence ». Habituellement, lorsqu’une candidature africaine est proposée par un État membre — en l’occurrence le Burundi pour Macky Sall — l’UA l’adopte tacitement si personne ne s’y oppose dans un délai imparti. Mais cette fois, le silence a été rompu de manière fracassante.

Pas moins de vingt États membres, dont des poids lourds comme le Nigeria et l’Afrique du Sud, ont opposé leur veto. Un rejet d’une ampleur rare qui témoigne des fractures profondes au sein du continent sur le profil de l’ancien dirigeant.

Plus dommageable encore pour Macky Sall : le rejet de son propre pays. Le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye a officiellement fait savoir à l’organisation panafricaine qu’il ne soutenait pas cette démarche. Dans le monde feutré de la diplomatie onusienne, il est extrêmement rare, voire inédit, qu’un candidat puisse prétendre au poste suprême sans l’onction de son État d’origine.

À Dakar, les autorités invoquent une rupture de confiance, citant notamment des zones d’ombre sur la gestion économique passée et le passif des tensions politiques de 2021-2024. Pour les observateurs, ce « lâchage » national ferme quasiment la porte du 38e étage du siège de l’ONU à Macky Sall.

Pourtant, l’intéressé ne désarme pas. Son entourage a réaffirmé ce week-end que la candidature restait maintenue. Techniquement, le règlement de l’ONU n’impose pas le soutien de l’État d’origine, mais l’histoire montre qu’un candidat isolé sur ses propres terres part avec un handicap quasi insurmontable face à des rivaux internationaux déjà en campagne.

Ce blocage place l’Afrique dans une position délicate. À moins d’un mois des premières auditions à New York, le continent se retrouve sans candidat de consensus. Si aucun nom alternatif n’émerge rapidement, l’Afrique pourrait laisser passer son tour au profit de l’Amérique latine, où des figures comme la Chilienne Michelle Bachelet gagnent du terrain.

Entre ambitions personnelles et réalités géopolitiques, le dossier Macky Sall illustre aujourd’hui la difficulté du continent à parler d’une seule voix sur la scène mondiale.

Correspondance Particuliere

Un commentaire
  • Macky Sall ne reflète pas le candidat idéal pour représenter l’Afrique, ça aurait été mieux Moussa Faki Mahamat l’ancien SG de l’Union Africaine.

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