Réunis au Palais des Congrès de Yaoundé pour leur conférence annuelle, les cadres du Ministère des Finances, sous la houlette de Louis Paul Motaze, planchent sur la sécurisation des ressources publiques. Dans un contexte de budget record et de défis mondiaux, l’enjeu est de taille : transformer chaque franc de recette en levier de développement pour le Cameroun.
C’est une tradition qui ne s’essouffle pas, mais qui gagne en acuité chaque année. Le Palais des Congrès de Yaoundé a prêté son cadre, ce 6 février 2026, à la Conférence annuelle des services centraux, déconcentrés et extérieurs du Ministère des Finances (MINFI). Sous la présidence du Ministre Louis Paul Motaze, assisté du Ministre Délégué Yaouba Abdoulaye, ce rendez-vous institutionnel s’est imposé comme le thermomètre de la santé financière du pays.
Loin d’être une simple formalité, cette rencontre est un espace de dialogue direct entre les responsables venus des dix régions et des représentations diplomatiques à l’étranger. L’idée est de faire le point, sans complaisance, sur l’action menée et de réaligner les stratégies pour l’exercice budgétaire en cours.
Le thème de cette édition 2026 ne laisse place à aucune ambiguïté : « Gestion optimale de la trésorerie de l’État : enjeux, défis et perspectives ». Dans un monde secoué par des tensions commerciales et des mutations technologiques fulgurantes, le Cameroun mise sur la résilience. L’objectif affiché par le sommet du MINFI est de garantir que l’État puisse honorer ses engagements en tout temps.
Qu’il s’agisse du paiement des salaires, du règlement de la dette ou du financement des grands chantiers de la SND30 (Stratégie Nationale de Développement 2020-2030), la disponibilité immédiate des liquidités est devenue la priorité absolue.
Avec une enveloppe budgétaire arrêtée à 8 816,4 milliards de FCFA pour l’année 2026, la marge d’erreur est étroite. Pour transformer ce chiffre massif en bien-être social et en infrastructures concrètes, le ministère mise sur deux leviers majeurs : La transformation numérique : Pour une traçabilité accrue et une collecte plus efficace des recettes. La transparence : Pour rassurer les partenaires et optimiser chaque dépense.
Sous la modération de Gilbert Didier Edoa, Secrétaire Général du MINFI, les travaux se sont articulés autour de trois exposés techniques visant à disséquer la mécanique financière nationale : Le diagnostic : Gabriel Ngakoumda, Chef de Division de la Prévision, a dressé l’état des lieux des finances publiques. Son analyse permet de comprendre d’où vient l’argent et quelles sont les zones de vulnérabilité face aux chocs extérieurs.
La réforme : Sophie Boumsong, à la tête de la Division de la Réforme Budgétaire, a démontré comment la modernisation des textes et des méthodes contribue directement à fluidifier les caisses de l’État. La solution : Enfin, Samuel Tela, Directeur de la Trésorerie, s’est attaqué de front à la problématique des crises de liquidité. Entre causes structurelles et solutions conjoncturelles, il a tracé une feuille de route pour éviter toute rupture de paiement.
En somme, cette conférence 2026 marque une volonté de rupture avec l’attentisme. En mettant l’accent sur l’innovation et l’introspection, le Ministère des Finances cherche à bâtir une administration plus agile, capable de soutenir la croissance malgré un environnement global incertain.
Le message est clair : chaque centime doit être géré avec une rigueur chirurgicale pour répondre aux attentes légitimes des citoyens camerounais.
Arsène Nna, Crédits Images : MINFI






