Il est des pierres angulaires qui pèsent plus lourd que le béton armé : ce sont celles de l’espérance. À l’École Catholique Saints-Anges-Gardiens de Marza, la cérémonie de pose de la première pierre d’une nouvelle salle de classe, orchestrée par la Fondation Ali Bachir, dépasse largement le cadre de la simple extension infrastructurelle. Elle s’impose comme un acte de foi républicaine et un manifeste visionnaire pour l’avenir de la jeunesse de l’Adamaoua.
En choisissant de doter cet établissement d’une salle de classe digitalisée, le mécène redéfinit la nature même du mécénat éducatif. Loin des inaugurations protocole-dépendantes, l’initiative s’inscrit dans une philosophie claire, résumée par une profession de foi saisissante : « On ne construit pas une classe. On construit des destins. L’éducation n’est pas une charité, c’est un devoir. »
Dans cette perspective, chaque élément du chantier se mue en symbole d’émancipation. Ici, chaque parpaing devient une lettre d’alphabet, chaque brique se fait livre ouvert, et chaque mur s’érige en rempart imprenable contre l’ignorance. En phase avec les mutations technologiques contemporaines, l’intégration du numérique au cœur de Marza témoigne d’une ambition hautement stratégique : offrir aux enfants des zones rurales les mêmes armes cognitives et digitales que ceux des grands centres urbains, gommant ainsi les fractures territoriales.
Il y a dans cet investissement une dimension quasi-mystique et profondément ancrée dans le terroir. Semer la pierre aujourd’hui dans le sol de Marza, c’est parier sur le génie endogène de la nation. C’est porter l’intime conviction que de ces bancs sortirons demain les ingénieurs, les médecins, les législateurs et les dirigeants qui façonneront le Cameroun de demain.
Par cette action, la Fondation Ali Bachir rappelle que le véritable développement d’une région ne se mesure pas seulement à ses indicateurs macro-économiques, mais à sa capacité à offrir à ses enfants un accès inconditionnel au savoir. À Marza, la promesse a cessé d’être un vœu pieux pour s’incarner dans la brique et le mortier, scellant un pacte indéfectible entre un homme, sa communauté et l’avenir.
Arsène Nna


