Logone-et-Chari : Saïd Kamsouloum apporte le réconfort aux rescapés de Madegoua

Gazelle D'Afrique

La quiétude de la localité de Madegoua, située dans l’arrondissement de Makary (département du Logone-et-Chari, région de l’Extrême-Nord), a volé en éclats dans la nuit du 16 au 17 septembre 2026. Une incursion d’une rare violence perpétrée par la secte terroriste Boko Haram, venue du Nigeria voisin, a coûté la vie à 14 civils innocents, en plus de laisser de nombreux blessés et des familles totalement traumatisées. Face à ce drame humanitaire et sécuritaire, la réponse des institutions et des élites ne s’est pas fait attendre. Ce dimanche 4 octobre 2026, une délégation officielle dépêchée par le Secrétaire Général du Ministère de la Défense, Saïd Kamsouloum, s’est rendue sur les lieux pour apporter un réconfort matériel et moral aux populations endeuillées. Au-delà du geste de solidarité, cet événement met en lumière la résilience d’une communauté frontalière prise en étau, et pose avec acuité la question de la sécurisation pérenne du bassin du lac Tchad.

L’attaque de Madegoua s’inscrit dans la stratégie funeste de harcèlement adoptée par les vestiges de Boko Haram. En ciblant des populations civiles endormies, le groupe terroriste cherche à semer la terreur, à briser le tissu social et à contraindre les habitants à l’exode rural. Le bilan de cette nuit tragique — 14 morts, des blessés graves et des foyers décimés — illustre la vulnérabilité persistante des zones enclavées de la frontière nigériane.

Pour les survivants, le traumatisme psychologique est immense. La perte subite de soutiens de famille plonge des foyers entiers dans une précarité absolue, accentuée par la destruction potentielle de biens et de moyens de subsistance. C’est précisément pour atténuer ce choc post-traumatique que la haute hiérarchie militaire a jugé impératif d’intervenir rapidement.

Dimanche 4 octobre 2026, la délégation dépêchée par le SG MINDEF, Saïd Kamsouloum, a tenu à marquer la présence active de l’État aux côtés des populations meurtries de Madegoua. Une enveloppe symbolique et substantielle de 500.000 francs CFA a été officiellement remise aux familles éprouvées.

Cette cérémonie solennelle s’est déroulée en présence de figures locales majeures, garantes de la cohésion sociale et de l’autorité traditionnelle :

* Monsieur Abakar Blama, 3ème adjoint au Maire de Makary.

* Monsieur Ali Sali, Wakil du Sultan.

* Monsieur Brahim Mihimit, Vice-président de l’Association ACAHOA.

* Ainsi qu’un parterre de notables et d’élites locales.

La mobilisation de ces personnalités témoigne d’une synergie agissante entre l’administration centrale, les autorités municipales, la chefferie traditionnelle et la société civile. Pour les bénéficiaires, ce soutien dépasse la simple dimension financière : il constitue une reconnaissance de leur douleur et une assurance que la République ne les abandonne pas face à l’adversité.

L’analyse de cette actualité met en exergue trois défis majeurs pour la région de l’Extrême-Nord :

Note stratégique : La porosité des frontières avec le Nigeria demeure le talon d’Achille de la sécurité dans le Logone-et-Chari. Malgré les coups de boutoir assénés par la Force Mixte Multinationale (FMM) et les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) camerounaises, les cellules dormantes et les combattants résiduels de Boko Haram exploitent les zones marécageuses pour mener des raids sporadiques.

* La sécurisation des zones rurales isolées : Si les grands axes et les centres urbains bénéficient d’une protection accrue, les hameaux excentrés comme Madegoua restent des cibles vulnérables nécessitant un maillage sécuritaire renforcé.

* Le renforcement du renseignement prévisionnel : L’anticipation des mouvements transfrontaliers de insurgés est cruciale pour neutraliser ces incursions avant qu’elles ne sèment la mort.

* Le développement socio-économique : La lutte contre le terrorisme passe aussi par l’autonomisation des jeunes et la lutte contre la précarité, principaux viviers de recrutement pour les sectes extrémistes.

Le drame de Madegoua restera gravé dans la mémoire collective du Logone-et-Chari comme une douloureuse épreuve. Cependant, la prompte réaction du SG MINDEF, Saïd Kamsouloum, relayée par les forces vives locales, démontre que la solidarité nationale reste un rempart inexpugnable contre la barbarie. En conjuguant l’action militaire sur le terrain et la compassion humanitaire, le Cameroun réaffirme sa détermination à protéger chaque citoyen, de Yaoundé jusqu’aux confins les plus reculés de ses frontières.

Arsène Nna 

 

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