Libye : L’incroyable adieu à Saïf al-Islam

Gazelle D'Afrique

Ce vendredi 6 février 2026 restera gravé dans les annales de la Libye post-révolutionnaire. La ville de Bani Walid a été le théâtre d’un rassemblement d’une ampleur inédite : des funérailles qui, par la force du nombre, se sont muées en un véritable plébiscite populaire pour Saïf al-Islam Kadhafi, le deuxième fils du défunt leader Mouammar Kadhafi.

Dès les premières lueurs de l’aube, les accès à Bani Walid étaient saturés. Des milliers de sympathisants, venus des quatre coins du pays, ont envahi les artères principales pour accompagner le cortège funèbre. Dans une atmosphère chargée d’émotion et de solennité, la ville, fidèle bastion loyaliste, a vibré au rythme des slogans à la gloire du défunt et des drapeaux verts, symboles d’une époque que beaucoup pensaient révolue.

Jamais, depuis 2011, une telle ferveur n’avait été observée pour un membre de l’ancien clan dirigeant. Ce qui devait être un moment de recueillement privé a rapidement pris une dimension nationale et politique majeure. Pour les observateurs sur place, cette mobilisation massive dépasse le simple hommage funèbre. Elle agit comme un baromètre du sentiment populaire dans une partie de la société libyenne.

En transformant ces obsèques en une manifestation de force, les partisans de Saïf al-Islam ont envoyé un message clair au reste du pays et à la communauté internationale : l’héritage politique du clan Kadhafi demeure un facteur avec lequel il faut compter.

Le calme relatif dans lequel s’est déroulée la cérémonie, malgré l’affluence record, souligne la capacité d’organisation des autorités locales de Bani Walid. Pourtant, ce « référendum populaire » improvisé met en lumière les fractures persistantes d’une nation toujours en quête d’unité.

Alors que le cercueil de Saïf al-Islam rejoignait sa dernière demeure, c’est tout un pan de l’histoire libyenne qui semblait ressurgir, bousculant les certitudes du présent et interrogeant l’avenir politique du pays.

Abdoul Salam Moumini

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