Alors que le remaniement ministériel annoncé par le Chef de l’État, Paul Biya, le 31 décembre dernier, tient la nation en haleine, l’heure est au bilan. Parmi les figures de proue du gouvernement, Alamine Ousmane Mey se distingue par une trajectoire marquée par la rigueur du secteur privé et l’efficacité de la technocratie publique. De la réforme audacieuse des finances à la planification stratégique de la SND30, retour sur le parcours d’un bâtisseur discret qui a su transformer les crises en opportunités de croissance.
Nommé le 9 décembre 2011, Alamine Ousmane Mey est entré au gouvernement non par les sentiers battus de la politique partisane, mais par la porte de la compétence technique. Ancien Directeur Général d’Afriland First Bank, ce fils du Logone et Chari a apporté avec lui une culture de la performance issue de la haute finance. Douze ans plus tard, son parcours au sein de deux ministères stratégiques (Finances, puis Économie) révèle une constante : une capacité rare à traduire les orientations politiques du Chef de l’État en résultats macroéconomiques tangibles.
Son style, fait de discrétion et de précision, a souvent été décrit comme celui d’un « banquier au service de l’intérêt général ». Loin des bruits de la cité, il a su imposer une méthode de travail basée sur la maturation des dossiers, la digitalisation des processus et une gestion rigoureuse des deniers publics.
L’un des premiers « bons points » de son passage au ministère des Finances (2011-2018) est sans conteste la modernisation de l’administration fiscale et douanière. Avant lui, la bureaucratie était lente et souvent opaque. Alamine Ousmane Mey a fait de la Technologie de l’Information et de la Communication (TIC) son cheval de bataille. Sous son impulsion, le premier site web fonctionnel du ministère des Finances a vu le jour, devenant un outil de transparence sans précédent.
Mais il est allé plus loin en instaurant la télé-déclaration et le paiement électronique des impôts pour les grandes entreprises. Cette réforme a permis de réduire les contacts physiques entre usagers et agents fiscaux, limitant ainsi les risques de corruption et augmentant mécaniquement les recettes non pétrolières de l’État.
Le 25 mai 2016 à Lusaka, la Banque Africaine de Développement (BAD) le désignait « Ministre des Finances de l’année ». Ce prix n’était pas un simple trophée de courtoisie, mais la reconnaissance d’une performance économique exceptionnelle. À cette époque, le Cameroun subissait un double choc exogène : la chute brutale des cours du pétrole et le coût humain et financier colossal de la guerre contre la secte terroriste Boko Haram. Dans la zone CEMAC, la croissance s’effondrait à 2,8 %. Pourtant, sous la houlette d’Alamine Ousmane Mey, le Cameroun affichait une croissance de 5,9 %.
Si l’action d’Alamine Ousmane Mey est saluée au Cameroun, c’est sur la scène internationale que son expertise a véritablement été consacrée : Ministre des Finances de l’Année (2016) : Trophée de l’African Banker à Lusaka, récompensant le « meilleur argentier d’Afrique ». Grand Officier de l’Ordre du Mérite Communautaire (CEMAC) : Élevé à cette dignité en 2023 pour son rôle moteur dans l’intégration sous-régionale. Commandeur de l’Ordre National de la Valeur : Reconnaissance nationale pour ses états de service exceptionnels. Influenceur Global : Gouverneur respecté à la BAD et administrateur clé de la plateforme Africa50.
Hier, si le passage d’Alamine Ousmane Mey au Ministère des Finances fut celui de la stabilisation, aujourd’hui, son arrivée au MINEPAT marque l’ère de la transformation profonde. Avec la SND30, il ne s’agit plus simplement de gérer des colonnes de chiffres, mais de redessiner l’âme économique du pays. L’un de ses « bons points » les plus audacieux reste le déploiement de la politique d’import-substitution. Le constat est sans appel : le Cameroun ne peut plus être le spectateur de sa propre consommation.
Sous la houlette du Ministre, le concept de « souveraineté économique » a quitté les manuels théoriques pour s’inviter dans le budget de l’État. En allouant des dizaines de milliards de FCFA aux filières riz, maïs et poisson, Alamine Ousmane Mey livre une bataille silencieuse mais acharnée contre le déficit de la balance commerciale. Il a su imposer une vérité courageuse : l’émergence ne se décrète pas, elle se fabrique. En protégeant les industries locales par des réformes douanières incitatives et en érigeant le label « Made in Cameroon » en priorité nationale, il prépare le pays à affronter la concurrence mondiale.
Pour le « banquier de la République », chaque sac de riz produit sur les rives du Logone ou dans les plaines de l’Ouest est une victoire sur la dépendance et un pas de plus vers une croissance endogène de 8%.
L’industrialisation sans énergie est un leurre. Alamine Ousmane Mey l’a compris très tôt. En s’appuyant sur des plateformes de financement innovantes comme Africa50, dont il est l’un des gouverneurs les plus écoutés, il a su attirer des capitaux pour les grands projets hydroélectriques. Lors de l’assemblée générale annuelle 2024 d’Africa50, il a révélé que le portefeuille de projets sous gestion du Cameroun dépassait désormais les 8 milliards de dollars.
Les « bons points » dans ce secteur sont nombreux : Nachtigal (420 MW) : Ce projet, devenu une référence mondiale en matière de Partenariat Public-Privé (PPP), est en phase de finalisation. Kikot et Grand Eweng : Le Ministre a déjà engagé les discussions pour ces futurs barrages qui, ensemble, ajouteront plus de 1 500 MW au réseau national. Le Hub Énergétique : Au-delà de la consommation nationale, il travaille à faire du Cameroun un exportateur d’électricité vers la sous-région via des interconnexions de réseaux.
À l’heure où le Palais de l’Unité s’apprête à redessiner l’architecture gouvernementale, le cas d’Alamine Ousmane Mey suscite une interrogation légitime : peut-on se passer d’un capitaine qui a su maintenir le navire à flot dans les tempêtes les plus rudes ? Plus qu’un simple ministre, ce technocrate de haut vol est devenu, au fil des septennats, l’un des visages de la crédibilité du Cameroun auprès des instances financières internationales.
Dans le langage feutré du pouvoir, il incarne cette « force tranquille » qui rassure les investisseurs tout en exécutant avec une fidélité chirurgicale les hautes orientations du Chef de l’État. Sa maîtrise du triptyque « Financement-Planification-Exécution » fait de lui l’architecte indispensable d’une SND30 qui entre désormais dans sa phase critique de matérialisation.
Alors que le Président Paul Biya a placé le prochain mandat sous le signe de la « politique de l’import-substitution » et de l’accélération de la décentralisation, la reconduction d’Alamine Ousmane Mey apparaîtrait moins comme une récompense que comme une nécessité stratégique. Dans un contexte de transition économique mondiale, la continuité, lorsqu’elle est portée par une telle efficacité, devient un acte politique fort. Le « banquier de Kousséri » a prouvé qu’il avait encore le souffle et la méthode pour transformer les promesses de l’émergence en réalités quotidiennes pour les Camerounais.
Pour le journal Gazelle d’Afrique, une chose est sûre : les bons points accumulés par ce fils du pays plaident pour qu’il continue d’écrire, aux côtés du Chef de l’État, les pages de la transformation structurelle de notre nation.
La Rédaction
