« L’Argent frais » de l’espoir : Le FONIJ, l’arme anticrise du Cameroun face au chômage des jeunes.

Gazelle D'Afrique
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Face à un taux de chômage des jeunes qui interpelle, le Fonds National d’Insertion des Jeunes (FONIJ) réaffirme sa position de pilier central de la politique d’insertion socio-économique au Cameroun. Établissement sous tutelle du Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation Civique (MINJEC), le FONIJ a intensifié ses actions en 2025, notamment dans le cadre du Plan Triennal Spécial Jeunes (PTS-Jeunes). Grâce à des appels à projets ciblés et des guichets de financement diversifiés, l’organisme injecte des fonds stratégiques pour transformer l’ambition entrepreneuriale de milliers de jeunes en réalités créatrices de richesse et d’emplois durables, notamment dans les secteurs porteurs de l’agroalimentaire, du numérique et des services.

Le Fonds National d’Insertion des Jeunes (FONIJ), créé en 2016, n’est pas une simple caisse de subventions. Il s’agit d’un mécanisme étatique à vocation financière et sociale dont la mission fondamentale est de réduire le fossé entre la formation et l’emploi en offrant aux jeunes les moyens de leur autonomie professionnelle.

Les missions du FONIJ s’articulent autour de quatre axes majeurs, tous alignés sur la stratégie nationale de développement du Cameroun et le Plan Triennal Spécial Jeunes (PTS-Jeunes) initié par le Chef de l’État :

La Mobilisation de Financements : Le FONIJ est chargé de collecter et de gérer des ressources financières pour l’insertion des jeunes. Ces ressources proviennent de l’État, des partenaires techniques et financiers, et des institutions bancaires. Le Financement de Projets : Il offre différents types d’appui financier (crédits, fonds de garantie, subventions) pour concrétiser des projets d’auto-emploi et de création de petites et moyennes entreprises (PME).

L’Accompagnement et le Suivi : Le Fonds ne se limite pas à décaisser de l’argent. Il assure un suivi rigoureux des bénéficiaires, de la maturation du plan d’affaires à la pérennisation de l’entreprise. La Structuration Économique : Il soutient la création de clusters économiques et de « Villages Pionniers » pour favoriser la mise en commun des ressources et le développement d’activités productives sur l’ensemble du territoire national.

L’année 2025 a été marquée par une intensification des initiatives du FONIJ, sous la supervision du Ministre de la Jeunesse et de l’Éducation Civique, Mounouna Foutsou. Le Fonds a mis l’accent sur des appels à candidatures extrêmement précis pour s’assurer que les financements bénéficient à des projets porteurs et structurants.

Plusieurs opérations d’envergure ont été lancées ou poursuivies en 2025, visant l’insertion de milliers de jeunes. Il s’agit notamment : Financement de 300 Projets Jeunes avec Afriland First Bank : Un appel à projets a été lancé en mars 2025, en partenariat avec une institution bancaire locale, pour la sélection et le financement de 300 projets de jeunes entrepreneurs. Les critères d’éligibilité mettaient l’accent sur la légalité de l’entreprise (existence d’au moins trois ans), la rentabilité, et la capacité à créer de l’emploi. Le montant global de cet effort financier est significatif, visant à transformer les micro-activités en véritables PME.

Insertion dans le Secteur du Transport Urbain : Dans une approche novatrice, un appel à candidatures a été émis pour sélectionner 50 jeunes Camerounais et les accompagner dans le secteur du transport par taxi de ville. Ce programme d’insertion vise à professionnaliser un secteur essentiel et à garantir la propriété du moyen de production au jeune. Soutien aux « Juniors Entreprises » : Dans le prolongement des initiatives du Salon du Génie et Talent de l’Étudiant Camerounais (GETEC 2025), le FONIJ (en collaboration avec le MINPMEESA) est fortement impliqué dans le financement de 22 projets innovants portés par des étudiants ou de jeunes diplômés. Les montants d’appui s’échelonnent entre 5 et 45 millions FCFA par projet, ciblant des domaines comme l’agroalimentaire, le numérique et l’énergie.

La pérennité des entreprises financées est une priorité. En mars 2025, le MINJEC a recruté vingt-huit (28) Consultants Spécialisés pour l’opérationnalisation du programme CMPJ Incubator. Ces experts sont chargés d’appuyer techniquement les Centres Multifonctionnels de Promotion des Jeunes (CMPJ) et les jeunes bénéficiaires du PTS-Jeunes. Leur mission est de garantir la performance économique des projets et d’assurer un meilleur suivi sur le terrain.

Le FONIJ opère via différents guichets de financement (Fonds de Garantie, crédits, etc.). Les jeunes bénéficiaires potentiels doivent remplir plusieurs conditions strictes, dont la principale est d’être de nationalité camerounaise, âgé de 15 à 35 ans au 31 décembre de l’année en cours (2025), et surtout, d’être détenteur de la Carte Jeune Biométrique (CJB), gage d’une bonne moralité citoyenne et d’un suivi par l’Observatoire National de la Jeunesse (ONJ). Les domaines de financement privilégiés confirment l’orientation vers la substitution aux importations et la création de chaînes de valeur locales : Agriculture et Agroalimentaire (Clusters de production). Petits Métiers Urbains et Ruraux (Artisanat, kiosques). Bâtiment et Travaux Publics (Promotion des matériaux locaux). TIC et Téléphonie (Cyberservices, solutions numériques).

À travers ses actions, le FONIJ démontre sa volonté de passer d’une logique d’assistance à une logique d’investissement productif. Les chiffres cumulés (plus de 13 000 projets financés et des dizaines de milliers d’emplois créés depuis le lancement du PTS-Jeunes) confirment l’impact de cette politique. L’enjeu pour la Coordination Nationale du FONIJ et le MINJEC reste double : d’une part, assurer la solvabilité et le remboursement des prêts pour garantir la pérennité du Fonds ; d’autre part, veiller à l’équité territoriale dans la distribution des financements.

Le Fonds National d’Insertion des Jeunes reste, en 2025, le principal outil du gouvernement camerounais pour transformer le chômage en entreprenariat, et le potentiel des jeunes en croissance économique tangible. Les prochains mois s’annoncent cruciaux pour évaluer la performance des centaines de projets financés lors de cette année d’accélération.

Arsène Nna

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