L’aventure s’arrête aux portes des demi-finales, mais l’histoire, elle, retient la grande première. Éliminée des Interpoules 2026 après un revers brutal face à Mintack de la Haute-Sanaga (6-1), l’AS Sokoto de Kousseri quitte la compétition la tête haute. Entre griefs légitimes sur un arbitrage décrié, maîtrise exemplaire des tensions en coulisses et ferveur populaire inégalée, analyse d’un parcours fondateur pour le football du Logone-et-Chari.
L’épreuve du terrain et les ombres de l’arbitrage
Le score est sans appel, mais il ne raconte pas toute l’histoire. Opposée à Mintack de la Haute-Sanaga lors d’un choc décisif, l’AS Sokoto s’est inclinée sur le score lourd de 6 buts à 1. Si des erreurs d’inattention et un manque de concentration à des moments charnières ont coûté cher aux poulains du coach Djiba, le déroulement de la rencontre laisse un goût amer dans les rangs des représentants de l’Extrême-Nord.
Au-delà de la supériorité athlétique de l’adversaire, la qualité du corps arbitral sur les pelouses de la capitale pose question. Des décisions contestables, un manque d’équité flagrant et des coups de sifflet systématiquement défavorables ont pesé sur le rythme et le mental des joueurs. Déjà observée lors de rencontres antérieures à Mbankomo, cette atmosphère sous tension aurait pu faire basculer le match dans le chaos.
Il aura fallu le sens élevé des responsabilités du Président Barka Abouya et l’intervention prompte de figures respectées — notamment Sa Notabilité Ma’a Ngallo Abakia, la légende Djibrine Mati, Hisseine Hassan et Ali Diguio — pour maintenir le calme, préserver la dignité du club et éviter tout dérapage. Un appel direct est ainsi lancé à la FECAFOOT pour qu’à l’avenir, la justice sportive et l’éthique prévalent sur toute autre considération.
Une mobilisation populaire et institutionnelle sans précédent
Si le tableau d’affichage scelle la fin du parcours sportif, l’AS Sokoto repart de Yaoundé avec une victoire capitale : celle d’avoir fédéré tout un peuple. Jamais un club de Kousseri n’avait suscité un tel élan de solidarité nationale.
Des tribunes enflammées du Centre Technique d’Odza jusqu’aux soutiens financiers décisifs des plus hautes autorités — à l’instar du Ministre Alamine Ousmane Mey —, le club fanion du Logone-et-Chari a prouvé qu’il était devenu un véritable symbole d’unité et de fierté régionale. La diaspora, les jeunes sportifs et les notables se sont levés comme un seul homme pour accompagner cette épopée héroïque.
Bilan d’une campagne historique : Les fondations de l’avenir
L’heure n’est pas au regret, mais au bilan opérationnel. Pour sa toute première participation à ce niveau de compétition, le parcours de l’AS Sokoto demeure exceptionnel :
* Un sacre régional historique décroché avec autorité à Maroua (2-0 face à Marsa).
* Une entrée remarquée à Yaoundé marquée par deux victoires de prestige (face au Girondin de Ngaoundéré puis un festival 4-2 contre Bafmend United).
* Une expérience de haute compétition emmagasinée face aux meilleures académies du pays.
Le haut niveau exige de l’apprentissage. Les lacunes tactiques et organisationnelles révélées lors de ce tournoi constituent désormais la feuille de route du staff technique et des dirigeants pour la saison prochaine.
L’aventure ne fait que commencer
Le clap de fin des Interpoules 2026 n’est qu’un virgule dans le grand livre du football du Logone-et-Chari. Sous la conduite de son président « bulldozer » Barka Abouya et avec le soutien renouvelé des élites et des supporters, l’AS Sokoto a prouvé qu’elle avait sa place parmi les grands.
L’équipe rentre à Kousseri fortifiée, consciente de sa valeur et armée d’une certitude : les leçons tirées de Yaoundé serviront de tremplin pour revenir plus forte, plus ambitieuse, et conquérir définitivement la MTN Elite Two.
Abdoul Salam Moumini


