Dans le décor solennel de la Maison de la Jeune Fille Chantal Biya de New-Bell, le Conseil municipal de la Commune d’Arrondissement de Douala 2ᵉ s’est livré, le jeudi 27 août 2026, à un exercice d’introspection budgétaire déterminant. Sous la présidence du Magistrat municipal, Me Denise Fampou, et sous le regard scrutateur des autorités administratives, cette session ordinaire dédiée à l’évaluation à mi-parcours de l’exercice 2026 a révélé une dynamique financière en nette accélération, mais tempérée par des défis structurels persistants.
Un bond budgétaire spectaculaire porté par les recettes propres
Au 30 juin 2026, l’exécutif communal affiche une performance financière remarquable. Sur un budget total arrêté à 4,990 milliards de FCFA, les recettes globales engrangées atteignent 1,881 milliard de FCFA, contre 1,050 milliard à la même période en 2025. Cette hausse de 79,17 % porte le taux d’exécution des recettes à 37,70 %.
Cette embellie s’explique principalement par le saut qualification des recettes propres, propulsées à 1,041 milliard de FCFA (+244,55 %), le pressurage méthodique du potentiel marchand local et une mobilisation accrue de la fiscalité locale. À ce titre, l’Impôt Général Synthétique (IGS) a généré à lui seul 554,3 millions de FCFA, contribuant à faire grimper les rentrées fiscales globales à 614,8 millions de FCFA (+125,28 %).
| Indicateurs budgétaires (au 30 juin) | Exercice 2025 | Exercice 2026 | Variation (%) |
Recettes globales recouvrées | 1,050 milliard FCFA en 2025| 1,881 milliard FCFA en 2026| +79,17 % |
Recettes propres | 302,2 millions FCFA en 2025 | 1,041 milliard FCFA en 2026| +244,55 % |
Recettes fiscales (dont IGS) | 272,9 millions FCFA en 2025| 614,8 millions FCFA en 2026 | +125,28 % |
Dépenses globales engagées | 1,582 milliard FCFA en 2025 | 1,965 milliard FCFA en 2026| +24,20 % |
Engagement Programme 2 (Cadre de vie) : 1,491 milliard FCFA en 2025| 1,460 milliard FCFA en 2026| 53,46 % (taux d’exéc.)
L’aménagement du cadre de vie au cœur des priorités
Fidèle à ses engagements de proximité, l’exécutif municipal a concentré le gros des dépenses engagées (1,965 milliard de FCFA) sur le Programme 2, dédié au développement économique, à l’assainissement et au cadre de vie. Avec 1,460 milliard de FCFA investis (soit 53,46 % de son enveloppe prévisionnelle), la municipalité concrétise des chantiers majeurs :
* Poursuite de la construction du bloc administratif communal ;
* Bétonnage structurant des rues 2045, 2029 et 2710 ;
* Traitement curatif de la voierie au niveau du Marché Gare ;
* Renforcement du parc d’engins avec l’acquisition d’une tractopelle 428F.
Toutefois, ce tableau positif dissimule des contraintes réelles. Me Denise Fampou n’a pas manqué de pointer le rendement de l’IGS, encore en deçà du potentiel réel de cet important bassin commercial, mais surtout le mutisme financier de la Communauté Urbaine de Douala (CUD), dont la Dotation Générale de Fonctionnement (DGF) demeure impayée.
Le Préfet du Wouri : Une tutelle pédagogique et un bouclier institutionnel
Face à ces arbitrages complexes, la présence du Préfet du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, aux côtés du Sous-préfet Stéphane Nke Ndjana, a illustré toute la portée de l’accompagnement de l’État auprès des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD). Loin de se cantonner à un rôle de contrôle passif, l’autorité de tutelle s’affirme comme un partenaire stratégique et un facilitateur du processus de décentralisation.
Saluant une décentralisation « en bonne marche », le Préfet du Wouri a attribué la hausse des rendements fiscaux à la mise en œuvre rigoureuse du nouveau cadre légal :
« C’est en cela que je continue à dire que je suis une autorité de tutelle satisfaite de voir que progressivement nous bắtissons l’appropriation, comme cela devrait l’être, de la nouvelle loi relative à la fiscalité locale. »
En véritable tuteur institutionnel, Sylyac Marie Mvogo a invité le conseil municipal à garder le cap sur les résultats réels et à ne pas se laisser distraire par les querelles annexes à l’approche de la fin du mandat : « Quand vous êtes convaincus que vous êtes sur le droit chemin, peu vous importent les écueils, le mouchardage, les montages saugrenus. »
Par cette posture d’arbitre exigeant mais protecteur, le Préfet rappelle que la tutelle administrative ne constitue pas un frein, mais un levier de sécurité juridique et de motivation pour les exécutifs locaux. Il appartient désormais à la Commune de Douala 2ᵉ d’installer rapidement ses Unités de suivi de la fiscalité locale pour transformer cet essai semestriel et répondre aux attentes quotidiennes des populations.
Arsène Nna



