Engagement tenu : 40 millions pour le centre d’hémodialyse de Bafoussam

Gazelle D'Afrique

Le geste était très attendu depuis le rassemblement politique du 25 juillet dernier. Ce jeudi 6 août 2026, le président de l’Assemblée nationale du Cameroun, le Très Honorable Théodore Datouo, a concrétisé son engagement en remettant une enveloppe de 40 millions de francs CFA au centre d’hémodialyse de l’Hôpital régional de Bafoussam. Au-delà du symbole politique fort à l’égard de la région de l’Ouest, cette contribution financière remet en lumière une réalité sanitaire alarmante : l’asphyxie d’infrastructures médicales indispensables face à l’explosion des maladies chroniques.

Mis en service le 10 avril 2023, le centre d’hémodialyse de Bafoussam illustre de manière spectaculaire le décalage entre la planification initiale et la demande réelle du terrain. Conçue à l’origine pour suivre une cinquantaine de patients, l’unité médicalisée doit aujourd’hui absorber la charge de plus de 178 malades en dialyse chronique, sans compter les urgences aiguës et la prise en charge imprévue de patients venus d’autres localités. Une fréquentation qui a plus que triplé en seulement trois ans d’existence.

Sur le terrain, cette surfréquentation se traduit par un défi logistique et humain quasi quotidien. Les quinze générateurs de dialyse du centre fonctionnent à leur régime maximal, exposant le matériel à une usure prématurée et à des risques récurrents de pannes. À cela s’ajoutent les coupures intempestives d’électricité — nécessitant un groupe électrogène industriel d’une fiabilité irréprochable —, les pénuries ponctuelles de consommables de dialyse et un déficit criant en personnel spécialisé pour assurer le relais jour et nuit.

Si la donation du président de la Chambre basse du Parlement apporte une oxygénation financière bienvenue pour l’achat de consommables, la maintenance des générateurs et la stabilisation de la desserte énergétique, elle soulève également la question de la pérennité du système de santé régional. Au Cameroun, l’accès à la dialyse reste une ligne de vie précaire pour des milliers de familles confrontées au coût astronomique de l’insuffisance rénale.

L’initiative de Théodore Datouo démontre certes une capacité d’action directe face aux doléances citoyennes, inscrivant la diplomatie parlementaire de proximité dans le social concret. Mais pour les soignants comme pour les usagers de l’Hôpital régional de Bafoussam, le véritable défi résidera désormais dans la transformation de cet élan de solidarité en un plan d’extension structurel durable, capable de garantir à chaque patient le droit fondamental à des soins de qualité.

Arsène Nna 

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