EFRACAM : La légitimité du terrain face au piège des salons parisiens

Gazelle D'Afrique

Alors que l’Association des Élus en France d’origine ou de nationalité camerounaise (EFRACAM) vient de boucler une mission réussie sur le terrain au Cameroun, une crise interne secoue l’organisation. Entre querelles juridiques à Paris et réalisations concrètes sur le sol national, le conflit pose une question fondamentale : les ambitions individuelles doivent-elles paralyser les initiatives de la diaspora au service du pays ?

En juillet dernier, la délégation d’EFRACAM, menée par son président légitime Pierre De Gaétan Njikam, a parcouru plusieurs localités du Cameroun, notamment Elig-Mfomo, Douala et Kribi. L’objectif de ce voyage stratégique : créer des passerelles solides entre les élus de la diaspora et les collectivités territoriales décentralisées.

Bénéficiant du Haut Patronage du Chef de l’État, Paul Biya, ces premières Assises visaient à impulser une dynamique nouvelle, fondée sur le co-investissement productif plutôt que sur l’assistance passive.

Pourtant, cette dynamique positive s’est heurtée à une fronde interne. Depuis Paris, une faction menée par le Dr Georges Kibong A Mira, accompagné de membres dissidents, tente de contester la légitimité du bureau exécutif.

En remettant en cause l’organisation de ces Assises, cette dissidence ne s’attaque pas seulement à une équipe dirigeante : elle remet indirectement en question l’arbitrage des plus hautes autorités de l’État camerounais, qui avaient officiellement parrainé l’événement. Un dérapage politique perçu par beaucoup comme une atteinte au prestige des institutions nationales.

Au-delà des discours, la bataille juridique et administrative tourne à l’avantage de l’exécutif officiel. Les démarches de la faction dissidente pour prendre le contrôle de l’association ou transférer son siège ont essuyé plusieurs rejets catégoriques :

* Juillet 2026 : Invalidation des demandes par la Sous-préfecture de L’Haÿ-les-Roses pour non-respect des statuts.

* Août 2026 : Rappel à l’ordre de la Préfecture de Police de Paris face à des déclarations jugées inexactes.

* Septembre 2026 : Saisine de la justice civile à Paris par Pierre De Gaétan Njikam afin de trancher définitivement le litige.

Face à des règles statutaires claires, les tentatives de contournement administratif ont montré leurs limites, renvoyant les protagonistes devant les tribunaux.

Pendant que les contestations s’éternisaient dans les salons parisiens, les retombées de la mission d’EFRACAM se concrétisaient sur le sol camerounais. À Elig-Mfomo, les échanges avec les autorités locales et les chefs traditionnels ont permis d’identifier des leviers économiques majeurs :

* Transformation locale : Lancement de projets de transformation du cacao en chocolat et du manioc en amidon industriel.

* Santé et solidarité : Remise d’un important lot de matériel médical lourd à l’hôpital de district.

* Modernisation : Recherche de solutions face au manque d’ingénierie et au secteur informel prédominant.

Cette crise met en lumière un contraste saisissant entre la recherche de titres et l’action concrète. Alors que certains réduisent l’ambition d’une association à une querelle d’enseigne, les populations locales attendent des résultats palpables pour lutter contre le chômage et l’exode rural.

Créée en 2015, l’EFRACAM a prouvé sa capacité à agir utilement pour le développement du Cameroun. Alors que la justice s’apprête à clore le volet juridique à Paris, une interrogation subsiste : pourquoi céder au réflexe de la division quand l’intérêt général exige de construire ensemble ?

Abéga Salomon

 

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