La République du Tchad a célébré, ce lundi 1er décembre 2025, le 35e anniversaire de la Journée de la Liberté et de la Démocratie. L’événement, commémoré sur l’ensemble du territoire, a connu son moment fort à N’Djaména avec une imposante cérémonie de prise d’armes à la Place de la Nation. Présidée par le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, Chef de l’État et Chef Suprême des Armées, cette journée est l’occasion de se remémorer la chute du régime Habré en 1990. Au-delà du faste militaire, cette édition 2025 s’inscrit dans un contexte de transition politique tendue, où le pouvoir cherche à concilier l’héritage historique et la promesse de souveraineté et de réformes démocratiques futures.
Le 1er décembre n’est pas une simple date d’anniversaire ; elle est le point de départ d’une nouvelle ère politique au Tchad. Il y a 35 ans, en 1990, cette journée marquait l’entrée du Mouvement Patriotique du Salut (MPS) à N’Djaména, consacrant la fin du régime autoritaire d’Hissène Habré et l’avènement, sur le papier, du multipartisme et des valeurs démocratiques. C’est cette rupture historique que la Journée de la Liberté et de la Démocratie est censée immortaliser.
À la Place de la Nation de N’Djaména, la 35e édition a été célébrée avec le prestige de la tradition militaire. La prise d’armes, présidée par le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a servi de puissante démonstration de cohésion et de force des Forces de Défense et de Sécurité. En tant que Chef Suprême des Armées, sa présence souligne le rôle central de l’institution militaire comme garante de l’intégrité du territoire et de la stabilité, un pilier jugé essentiel pour le processus de transition en cours.
Le discours officiel, analysé à travers le prisme des déclarations récentes du Chef de l’État, s’articule autour de trois axes majeurs. D’abord, la réaffirmation de la souveraineté nationale. Suite à des décisions majeures en matière de coopération sécuritaire (comme le désengagement des troupes françaises), le Président insiste sur la nécessité pour le Tchad d’être maître de son destin.
Ensuite, un appel pressant à l’unité et à la cohésion nationale. Face aux défis de la transition, le Maréchal Déby Itno utilise cette plateforme pour exhorter la nation à l’optimisme et à la réconciliation, condition sine qua non pour la réussite des réformes. Enfin, le message n’élude pas la promesse démocratique.
La célébration du 1er décembre est l’occasion de réitérer l’engagement du pouvoir à mener à bien les réformes institutionnelles et à organiser des élections crédibles (législatives, sénatoriales, locales) pour consolider les acquis démocratiques et répondre aux aspirations populaires.
Si le pouvoir célèbre l’avènement de la liberté, cette journée est aussi un baromètre des tensions politiques actuelles. La commémoration coexiste souvent avec des critiques de l’opposition et de la société civile qui remettent en question la pleine effectivité des principes démocratiques. La 35e Journée de la Liberté et de la Démocratie, en 2025, symbolise ainsi le chemin parcouru depuis 1990, mais surtout les défis persistants d’une nation en quête d’une gouvernance véritablement inclusive et pluraliste.
Le faste de la Place de la Nation masque difficilement l’impatience citoyenne face à la lenteur du processus de refondation.
Abdoul Salam Moumini. Crédits images: PRT










































