Moins de deux mois après son installation solennelle et son intronisation du 29 août 2026 à Zoum — un acte de passation historique consenti de son vivant par son père, le Patriarche Émile Engamba —, Sa Majesté Éric Engamba est passée du symbole à l’action. C’est sous les acclamations ferventes des populations du village Efoulan Yemvak que le nouveau Chef Supérieur du Groupement Yemvak a lancé, ce mercredi 21 octobre 2026, la première étape de sa vaste tournée de proximité et d’écoute.
Prolongé dès le lendemain, jeudi 22 octobre, à Evindissi Yemvak, ce premier pôle de deux jours s’est achevé sur une note de satisfaction générale et partagée. Loin du fastueux protocole des palais, le monarque est venu « toucher du doigt » les réalités quotidiennes de ses administrés, apportant un message empreint à la fois de rigueur coutumière, d’impulsion économique et de justice sociale.
Dès l’ouverture de la rencontre à Efoulan, le ton a été donné par un discours d’accueil vibrant, prononcé par un représentant local. Rappelant que cette communauté fondée à l’époque coloniale s’étend sur près de 60 km2 et abrite une population d’environ 400 âmes — majoritairement jeunes —, l’intervenant n’a pas hésité à présenter une feuille de doléances précises.
Bien que le village dispose d’une école primaire en matériaux définitifs, d’infrastructures d’éclairage solaire et de plusieurs forages fonctionnels répartis entre les hameaux (Efoulan Plateau, Fangan, Asok, Mokomo), d’importants défis structurels freinent son essor :
* L’Enclavement et l’Énergie : L’absence d’électrification rurale globale et le manque d’équipements de transport pénalisent l’évacuation des récoltes.
* La Crise Éducative : L’école locale ne fonctionne qu’avec deux enseignants titulaires pour deux maîtres pris en charge par les parents, manquant d’équipements de base (bancs), d’une clôture de sécurité, d’un forage au sein de l’établissement et d’une structure pour la petite enfance (maternelle).
* L’Épineuse Question de la Citoyenneté : Près de 80 % des jeunes du village se trouvent en rupture de droits civiques par manque d’actes de naissance et de Cartes Nationales d’Identité (CNI), ce qui les exclut mécaniquement des listes électorales.
Face à ce diagnostic sans concession, Sa Majesté Éric Engamba a apporté des réponses pragmatiques et immédiates. Conscient que le développement exige des actes plutôt que des promesses, le monarque a annoncé la dotation urgente de l’école publique d’Efoulan en bancs neufs, ainsi que la mise à disposition prochaine d’un tricycle communautaire destiné à faciliter le transport et l’acheminement des produits agricoles du champ vers les marchés.
Sur le plan institutionnel et citoyen, l’attention portée au problème d’état civil a ouvert la voie à une synergie avec la chefferie pour régulariser les actes de naissance des jeunes.
Cette préoccupation pour la dignité des familles se poursuivra d’ailleurs jusqu’à l’apothéose de la tournée, le 13 novembre 2026 à Zoum Yemvak : la Chefferie Supérieure y prendra entièrement en charge (dossiers, timbres, actes) la célébration de mariages collectifs délocalisés, permettant aux couples en union libre de régulariser leur situation devant M. le Maire et l’État civil.
Aux côtés du Chef Supérieur, le collège d’experts et d’élites du groupement s’est fortement mobilisé. Martial Nkoulou, conseiller stratégique auprès de Sa Majesté, a exposé les grandes lignes de la nouvelle feuille de route économique du Yemvak.
« Nous ne devons plus nous enfermer dans la seule attente des cultures pérennes comme le cacao ou le café », a-t-il explicité.
L’approche défendue repose sur deux piliers :
* Le Maraîchage à Cycle Court : Exploiter la richesse naturelle des bas-fonds et des marécages au sortir de la saison des pluies en distribuant des semences à haut rendement (gombo, melon, pastèque, courges) afin d’assurer des revenus financiers immédiats aux jeunes et aux femmes en moins d’un mois.
* La Transformation Locale : Accompagner la filière du manioc et des tubercules en fournissant du matériel de transformation artisanale et industrielle (production de garri, bâtons de manioc), afin de capter la valeur ajoutée sur place au lieu d’exporter des produits bruts à bas prix.
Au-delà de l’économie, le discours régalien de Sa Majesté Éric Engamba s’est voulu un rappel à l’ordre d’une fermeté paternelle. Abordant le thème central de sa tournée — « Restaurer l’autorité traditionnelle et bâtir l’excellence scolaire » —, le Chef Supérieur a dressé un constat sans complaisance sur l’effritement des mœurs dans les campagnes.
« Il y a un foutoir dans nos villages. Les jeunes ne respectent plus les aînés, les chefs sont parfois malmenés au quotidien. Il faut absolument que les choses reviennent dans l’ordre. Tant qu’il n’y a pas cette discipline et cet ordre, nous ne pourrons rien construire », a martelé le souverain devant les populations assemblées.
S’appuyant sur les principes de la coutume et du respect de la hiérarchie sociale, il a rappelé que l’éducation et la déférence envers les anciens constituent la pierre angulaire sur laquelle reposera toute l’action du groupement.
Au terme de ces deux premières journées d’immersion à Efoulan (21 octobre) et Evindissi (22 octobre), le sentiment qui prédomine au sein du Groupement Yemvak est celui d’un renouveau prometteur. L’alchimie entre la modernité managériale portée par le nouveau Chef et la sacralité du trône ancestral insuffle un élan d’enthousiasme.
Prochaine étape de cette grande caravane de la proximité : Nsimalen 1, le mercredi 28 octobre 2026, puis Oveng, le jeudi 29 octobre, où les populations trépignent déjà d’impatience d’accueillir leur souverain. Le processus de restauration et de développement du Yemvak est bel et bien en marche.
Arsène Nna


