Crise post-électorale : Un appel urgent du pouvoir à des « actes forts »

Gazelle D'Afrique
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Face à la crise sociopolitique qui secoue le Cameroun, alimentée par les tensions post-électorales autour du vote en faveur du candidat ITB, le Professeur de sociologie Claude Abé propose une analyse sans concession. Il soutient que la situation actuelle est l’expression d’une profonde « lassitude du peuple » et d’une « crise de confiance » envers un pouvoir perçu comme distant et inefficace. Pour le sociologue, la solution ne réside pas dans de simples appels au calme, mais dans des « actes de rupture » concrets et immédiats.

La crise actuelle au Cameroun, cristallisée par les résultats du scrutin et la performance du candidat ITB, est un signal d’alarme que la classe intellectuelle se doit de décrypter. C’est l’analyse tranchée du Professeur de sociologie Claude Abé, qui met en garde contre l’hypocrisie de « simples appels à la paix » qui ne sauraient masquer les frustrations quotidiennes créées par la gouvernance en place. Selon le Professeur Abé, il est impossible de résoudre la crise post-électorale sans comprendre la véritable signification du vote en faveur d’ITB. Il s’agit, affirme-t-il, d’un « vote de punition et de désir profond de rupture » bien plus que d’un choix par simple affection.

Le sociologue explique que le vote ITB n’est qu’un « prétexte d’expression de la lassitude du peuple face à un pouvoir qui n’a que trop duré. » Il pointe du doigt la perception d’une présidence gérée par « sous-traitance » et d’une « coterie de personnages » dont l’arrogance est régulièrement dénoncée. L’exploitation durant la campagne de l’image d’un « président-fantôme et d’un pouvoir vide » a trouvé un écho favorable dans l’électorat.

Plus alarmant, l’analyste souligne que le ciblage des denrées alimentaires par les émeutiers atteste d’une révolte contre la « précarisation des conditions de vie des Camerounais. » Le candidat Paul Biya paierait ainsi le prix d’une gestion dont le désintérêt pour les difficultés populaires est illustré, selon l’auteur, par les rapports de la Chambre des comptes sur la gestion des fonds de la CAN et de la crise sanitaire.

Le Professeur Abé insiste : ce vote, bien que « par défaut, » est un choix rationnel de punir un personnel gouvernant condescendant et jugé irresponsable. Pour « calmer le jeu, » il ne faut pas de discours creux, mais des « actes de rupture » tangibles. Toute parole sans acte concret ne trouvera pas d’écho auprès des émeutiers. Le sociologue exhorte le pouvoir, qualifié de « vide, » à se redonner rapidement « une figure » à travers des gestes forts pour résoudre cette crise de confiance évidente.

Parmi les mesures concrètes, il suggère : Un nouveau gouvernement avec une forte « juvénilisation du personnel gouvernant. ». Le redémarrage de l’opération Épervier pour sanctionner les responsables des détournements et de la colère populaire. De nouvelles mesures d’amélioration du pouvoir d’achat pour réduire la souffrance économique de l’immense majorité des Camerounais.

Seule une démonstration de volonté de changement de paradigme pourra apaiser la situation et restaurer un semblant d’espoir d’un avenir meilleur.

Une analyse de la rédaction centrale

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