Un vent nouveau venu du Golfe souffle sur l’économie camerounaise. Le 7 janvier 2026, à Yaoundé, le gouvernement a scellé un partenariat historique avec le géant émirati SGC Group. Au cœur de cet accord : une promesse d’investissement vertigineuse de 44 500 milliards de FCFA sur dix ans, destinée à propulser la Stratégie Nationale de Développement (SND30) vers des sommets inédits.
C’est dans le cadre solennel de l’auditorium des Services du Premier Ministre que l’avenir infrastructurel du pays s’est dessiné. Sous l’égide du Premier Ministre Joseph Dion Ngute, Alamine Ousmane Mey, Ministre de l’Économie (MINEPAT), a paraphé un Mémorandum d’Entente (MoU) aux enjeux colossaux. Face à lui, Sheikh Eissa Bin Abdullah Al Muallah, Prince héritier d’Ajman et Président du Conseil d’administration de SGC Group, incarnait la puissance de frappe financière des Émirats Arabes Unis.
La présence massive de membres du gouvernement à cette cérémonie témoigne de l’importance stratégique accordée à cet accord. Pour le Cameroun, il ne s’agit plus seulement de trouver des partenaires, mais de mobiliser des alliés capables de porter des projets de rupture à l’aube d’un nouveau septennat.
L’annonce a l’effet d’un séisme dans les milieux économiques : le groupe SGC prévoit d’injecter près de 44 500 milliards de FCFA (environ 74 milliards de dollars) sur une décennie. Pour prendre la mesure de ce chiffre, il faut le comparer au budget de l’État du Cameroun, qui culmine à 8 816,4 milliards de FCFA pour l’exercice 2026. L’investissement promis représente donc plus de cinq fois le budget annuel total du pays. En d’autres termes, l’apport annuel moyen de SGC (environ 4 450 milliards de FCFA) est deux fois supérieur à la capacité réelle d’investissement de l’État camerounais sur ses propres fonds.
Cette enveloppe colossale, pilotée par le PDG Imran Saeed, ne sera pas dispersée au hasard. Selon la feuille de route, 70 % de ces fonds seront concentrés sur les infrastructures et l’énergie. Ce choix est vital : l’énergie est pensée comme le socle structurant. Sans une électricité stable, aucun projet de transport, de numérique ou de développement urbain ne peut prospérer. Le reste viendra irriguer l’agro-transformation, pilier de la politique d’import-substitution.
Le partenaire émirati, fort de 15 ans d’expertise, ne se contente pas d’apporter des capitaux ; il apporte un modèle de « Smart Cities » et de financements innovants qui permettent de réaliser des ouvrages majeurs sans alourdir la dette souveraine de l’État.
Pour le MINEPAT, ce partenariat marque le point de départ d’une relation durable et mutuellement bénéfique. L’objectif ultime reste la création d’emplois massifs et l’amélioration du niveau de vie. De leur côté, les dirigeants de SGC ont salué la qualité de l’accompagnement institutionnel à Yaoundé et ont réitéré leur volonté de traduire rapidement ces engagements en chantiers visibles.
À dix ans de l’échéance de l’émergence en 2035, le Cameroun vient de se doter d’un propulseur externe de premier ordre. Le défi est désormais opérationnel : s’assurer que les projets sortent de terre au rythme des financements annoncés pour que la promesse des 44 000 milliards devienne une réalité quotidienne pour chaque Camerounais.
Arsène Nna, image Minepat
