La deuxième session ordinaire de l’année législative 2026 s’est achevée le 8 juillet 2026 au Palais de Verre de Yaoundé. Présidée par le Très Honorable Théodore Datouo, en présence du Premier ministre Joseph Dion Ngute et d’invités internationaux de marque, cette clôture a été marquée par des appels fermes à la transparence budgétaire, à la vigilance face aux « fake news » et à un sursaut moral contre les violences sociétales.
La session qui s’achève n’a pas été de tout repos pour les élus du peuple. Le président de la chambre basse s’est félicité de la rigueur de l’exercice des missions constitutionnelles à travers le traditionnel jeu des questions orales, mais surtout à travers le **Débat d’orientation budgétaire (DO).
Ce débat jette les bases de la future Loi de finances 2027. Sur ce point, le message du Parlement à l’endroit du gouvernement est sans équivoque : il faut impérativement plus de transparence, une meilleure traçabilité des recettes publiques et une efficacité accrue dans l’exécution des projets sur le terrain.
L’actualité nationale s’est invitée de manière percutante dans le discours de clôture. Théodore Datouo a fermement recadré deux dérives majeures qui secouent l’opinion publique :
1. La Guerre de la désinformation
Le chef de la Chambre a fermement condamné la circulation récente d’un faux décret présidentiel simulant la nomination d’un Vice-président de la République. Face à ce qu’il qualifie de tentative de déstabilisation par l’intox, il a appelé les Camerounais à faire preuve de discernement et de responsabilité sur les réseaux sociaux.
2. L’urgence morale contre les violences domestiques
Face à la recrudescence alarmante des cas de féminicides et d’ infanticides dans le pays, l’institution parlementaire est sortie de sa réserve. Un appel solennel a été lancé à tous les acteurs sociaux pour protéger la dignité humaine et préserver le caractère sacré de la vie.
« Les députés invitent également la jeunesse à s’impliquer activement dans la vie de la Nation, notamment à travers les inscriptions sur les listes électorales et la participation massive aux recensements nationaux de la population et de l’agriculture. »
Cette clôture s’est déroulée dans une ambiance résolument internationale. La présence dans l’hémicycle de Pierre-André Page, président du Conseil national suisse, a symbolisé l’ouverture du Cameroun sur le monde.
Mais le grand coup diplomatique de cette fin de session reste l’accueil à Yaoundé (du 7 au 12 juillet 2026) de la 51ᵉ session plénière de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF). Placé sous le patronage du Chef de l’État Paul Biya, cet événement d’envergure internationale réunit des délégations du monde entier. Pour l’Assemblée nationale, c’est la preuve par le fait du rayonnement diplomatique du Cameroun, qui s’impose comme un carrefour de dialogue sur des enjeux globaux tels que le climat, la souveraineté des États et le multilatéralisme.
L’Assemblée nationale se sépare en ayant balisé le terrain économique de l’année à venir et en renvoyant les députés à leurs bases pour les vacances. Cependant, le Palais de Verre ne désemplit pas : le grand rendez-vous est pris pour le **10 juillet 2026**, date de l’ouverture solennelle des travaux de l’APF, maintenant les projecteurs braqués sur la capitale camerounaise.
Arsène Nna

