Au lendemain de la récente élection des conseillers régionaux, qui a vu le Sud réaffirmer sa fidélité au Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), l’atmosphère est loin d’être à la célébration. Une vive polémique agite la base du parti, alimentée par les déclarations jugées « choquantes » du Président sortant du Conseil Régional du Sud, M. Mve Elemva Emmanuel.
Alors qu’il tente de briguer un second mandat à la tête de l’institution, M. Mve Elemva a affirmé, sans ambages et en monde visio sur la chaîne de télévision nationale, que le budget d’investissement de 2 milliards de FCFA alloué à la région était « totalement insignifiant » par rapport à l’importance de la demande sociale. Plus troublant encore, le président sortant a laissé entendre que cette insuffisance budgétaire n’avait pas permis de mettre sur pied ne serait-ce qu’un seul projet de développement vital pour améliorer les conditions de vie des populations.
Cette déclaration n’a pas tardé à provoquer une onde de choc, notamment au sein de la jeunesse militante. Roland Medou, originaire du département du Dja et Lobo, jeune pépite politique du Sud, a exprimé sa colère et son exaspération face à ce qu’il qualifie de « bilan quasi nul » . « Vous voulez revenir en 2030 nous dire que les milliards qui étaient alloués pour le budget d’investissement étaient insuffisants ? C’est ce à quoi les populations du Sud doivent s’attendre à la fin de la première mandature du conseil régional ? Ah non, non, vous mentez, » a lancé Roland Medou, visiblement courroussé, réagissant à la justification de Mve Elemva.
Le jeune leader du parti au pouvoir dénonce un manque de réalisations concrètes après le premier mandat, pointant du doigt l’absence de projets finalisés dans des secteurs cruciaux. Il relève l’ironie d’entendre que le budget était « insuffisant » après cinq ans de gestion. Les projets évoqués, tels que le chantier de l’immeuble siège du Conseil régional, semblent pour l’instant rester des chantiers inachevés que le président sortant promet de « rattraper et finir » s’il est réélu. Pour Medou, cette promesse de « rattrapage » équivaut à un aveu froid d’échec.
La bataille pour la présidence du Conseil régional du Sud s’annonce ainsi particulièrement rude. Face à un Mve Elemva dont le bilan est désormais au cœur de la controverse, les candidats Gervais Ndo et Cathy Meba se positionnent comme des alternatives crédibles. Leurs candidatures pourraient bénéficier du mécontentement grandissant, en particulier celui de la base du RDPC, qui exige des résultats tangibles pour justifier la confiance renouvelée lors des élections régionales.
Les conseillers régionaux du Sud sont désormais face à un choix important : accorder un second mandat à un homme qui justifie l’absence de développement par un budget qu’il juge trop faible, ou choisir de nouvelles figures pour impulser une dynamique de projets concrets et d’amélioration effective des conditions de vie dans la région.
Arsène Nna

Deux milliards pour une région pendant tant d’années, c’est absolument insignifiant. Il faut dégager des budgets conséquents pour les régions.
Bien entendu…pourtant la question est celle de savoir ce qui a été fait avec ces 2 milliards