La secte terroriste Boko Haram continue de semer la terreur sur l’axe Kousseri-Maroua. En dépit d’un dispositif sécuritaire renforcé, une dizaine de voyageurs ont été enlevés près de Zigagué, marquant une nouvelle fois la vulnérabilité de la région. Cette attaque, survenue en pleine saison des pluies, révèle l’effrayante capacité d’adaptation des assaillants, qui exploitent désormais les difficultés de circulation liées au mauvais état de la route pour mener leurs exactions.
La peur a de nouveau frappé au cœur de l’Extrême-Nord. C’est à la lisière de Zigagué, un point névralgique du tronçon routier, qu’un autocar de l’agence Touristique Express de Kousseri, transportant 18 passagers, a été la cible d’une embuscade éclair.
Sous la menace, une dizaine de voyageurs, dont majoritairement des femmes, ont été enlevés. Depuis, le silence des ravisseurs et l’absence de toute trace des disparus ne font qu’accroître l’anxiété des populations. Cette attaque n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une sinistre série d’exactions qui ciblent les voyageurs et les biens. La situation est d’autant plus préoccupante que ces actions se répètent alors même que le dispositif sécuritaire a été renforcé. Les patrouilles de soldats, opérant au péril de leur vie, n’empêchent pas les insurgés d’adapter leur tactique.
Traditionnellement, la saison des pluies et les inondations qui en résultent contribuaient à limiter les mouvements des assaillants. Cependant, les terroristes de Boko Haram ont démontré une capacité d’adaptation effrayante. Ils exploitent désormais le mauvais état des routes pour opérer leurs sinistres besognes.
Le terrain, rendu impraticable par la boue et les marécages, ralentit la circulation, offrant un flanc à la secte. Pour contourner les points de contrôle et les zones inondées, les assaillants utilisent des montures animales comme des chevaux. Cette mobilité leur permet de surprendre les convois là où la route devient la plus périlleuse. Ce modus operandi révèle une connaissance approfondie des lieux et soulève des interrogations sur d’éventuelles complicités locales.
Alors que les autorités poursuivent leurs efforts pour retrouver les otages et sécuriser la zone, la population locale vit dans l’angoisse. Voyager sur cet axe, vital pour les échanges et le commerce, est devenu une épreuve. Le nom de Zigagué résonne désormais comme un symbole de la menace omniprésente, un rappel que la terreur peut frapper à tout moment, en dépit de la vaillance de ceux qui luttent pour la paix.
La résilience de Boko Haram, conjuguée aux défis logistiques et géographiques, rend la lutte ardue. La saison des pluies, autrefois un frein, est devenue un allié tactique pour ces extrémistes, soulignant la nécessité d’une approche plus globale pour éradiquer définitivement cette menace persistante.
Arsène Nna

