Dans un espace communautaire encore fragmenté par des barrières douanières et des lourdeurs administratives, le Cameroun entend réaffirmer son rôle de moteur économique de l’Afrique centrale. Le Ministre Délégué auprès du MINEPAT, Paul Tasong, a reçu Rosalie Matondo, Présidente du Conseil des ministres de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC), pour accélérer la mise en œuvre effective de la libre circulation des personnes, des biens et des services.
« Une Afrique centrale intégrée n’est pas un luxe diplomatique, mais une nécessité stratégique pour capter l’investissement et dynamiser le commerce intracommunautaire. »
Si la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) impose une accélération des échanges panasiatiques et interrégionaux, la CEEAC accuse toujours un retard structurel par rapport à d’autres blocs régionaux comme la CEDEAO ou la EAC. La visite de Rosalie Matondo s’inscrit ainsi dans une dynamique de plaidoyer auprès des capitales clés pour débloquer les verrous réglementaires et sécuritaires qui freinent la mobilité transfrontalière.
Pour le Cameroun, carrefour logistique et industriel naturel de la zone, le décloisonnement des marchés sous-régionaux représente des opportunités majeures :
* Expansion commerciale : Accès facilité à un marché élargi de plus de 200 millions de consommateurs.
* Attractivité financière : Création d’un espace économique unifié, plus rassurant pour les investisseurs directs étrangers (IDE).
* Valorisation des infrastructures : Rentabilisation accrue des corridors routiers et des hubs portuaires nationaux (Kribi, Douala).
La volonté politique affichée lors de cette audience fait face à des réalités de terrain complexes. L’harmonisation des politiques douanières, la sécurisation des frontières face aux menaces transnationales et la levée des tracas tracassiers aux corridors demeurent les principaux chantiers à concrétiser pour transformer ce discours institutionnel en gains tangibles pour les opérateurs économiques.
Arsène Nna


