Vent de Rigueur à Kribi : L’ART S’Ajuste

Gazelle D'Afrique

Sous la houlette du Pr Philémon Zoo Zame, l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) s’est isolée à Kribi pour harmoniser ses troupes, recadrer les opérateurs et lancer son plan stratégique 2026-2029. Derrière la langue de bois institutionnelle se dessine un tournant décisif : amélioration du réseau, facturation stricte et intégration au mégaprojet PATNUC. Décryptage d’une offensive réglementaire.

Ce jeudi matin, 9 heures précises. Dans le décor feutré de la salle de conférences du Golden-K Resort de Kribi, l’ambiance n’est pas à la détente estivale. Le Directeur Général de l’ART, le Pr Philémon Zoo Zame, ouvre la retraite annuelle des directeurs et assimilés de l’organisme de régulation. L’objectif affiché est clair : **mettre fin aux zones d’ombre, harmoniser les interprétations des textes et serrer la vis à tous les étages.

Pour le gendarme des télécoms camerounais, l’heure est aux réajustements stratégiques. En ligne de mire : la qualité de service, le recouvrement des redevances et la maîtrise technologique du marché.

Cette retraite intervient juste après un marathon de concertation de 48 heures mené à huis clos avec la haute direction de MTN Cameroon. Un timing qui ne doit rien au hasard.

Dans le viseur du régulateur : les interruptions fréquentes de service, la gestion de la couverture 4G/5G, et le paiement des redevances réglementaires. L’ART a acté une feuille de route stricte pour appliquer et surveiller les engagements pris par le géant sud-africain. Le message est limpide : **les recommandations post-concertation ne resteront pas au fond d’un tiroir.

Derrière le jargon administratif (Rapport annuel de performance, homologation des équipements, résolution des brouillages), les retombées attendues au bout du fil sont très concrètes pour les millions d’utilisateurs camerounais :

* Moins de réseaux qui « sautent » : Le renforcement du contrôle des interférences et des brouillages radio doit directement réduire les appels coupés et les zones blanches urbaines.

* Protéger vos smartphones et votre argent : En renforçant l’homologation préalable des équipements, l’ART entend barrer la route aux terminaux contrefaits qui saturent le marché et détériorent la qualité de connexion.

* Des comptes à rendre sur le numérique : Le suivi accru des plateformes publiques et privées vise à garantir des transactions Mobile Money et des services en ligne plus sécurisés et plus fluides.

Autre pilier majeur de cette rencontre : l’articulation du rôle de l’ART autour des grands projets structurants de l’État, au premier rang desquels figure le PATNUC  (Projet d’Accélération de la Transformation Numérique au Cameroun), financé avec le soutien de la Banque Mondiale.

Dans ce dispositif national, l’ART joue le rôle de garde-fou et de facilitateur technique :

1. L’attribution équitable des ressources : Octroyer les bandes de fréquences et les licences nécessaires pour désenclaver les zones rurales isolées.

2.  Encadrer le marché : Créer un environnement réglementaire sain pour inciter les opérateurs à investir dans les infrastructures « du dernier kilomètre » (écoles, hôpitaux, zones agricoles).

En érigeant son Plan Stratégique 2026-2029 comme boussole absolue, le Pr Philémon Zoo Zame prévient : l’ART ne se contentera plus d’être un spectateur ou un simple collecteur de taxes. Entre rigueur budgétaire interne, contrôle technique intransigeant sur le terrain et accompagnement de la transition numérique, le régulateur camerounais entend bien imposer son rythme aux opérateurs télécoms.

Les décisions de Kribi posent les bases d’un contrat de performance. Reste désormais à transformer ces orientations en améliorations perceptibles sur l’écran des smartphones camerounais.

Arsène Nna 

 

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *