Succession d’António Guterres : Macky Sall déploie sa stratégie à l’ONU

Gazelle D'Afrique

Lors du grand débat des candidats organisé le 23 juillet à New York par l’Assemblée générale, l’ancien président sénégalais a défendu son projet de réforme globale de l’institution. En mettant en avant son expérience d’État et son ancrage africain, Macky Sall cherche à s’imposer comme le candidat du consensus et de l’efficacité.

C’est une prise de parole très stratégique que l’ancien chef d’État sénégalais (2012-2024) a livrée sur ses réseaux sociaux ce 23 juillet 2026. Réagissant à sa prestation lors du grand débat (« UN Town Hall ») opposant les prétendants au poste de Secrétaire général au siège des Nations unies, Macky Sall a tracé les lignes de force de son offre politique pour le 38ᵉ étage de la tour de verre à New York.

Dans sa déclaration, l’ex-dirigeant recadre sa vision autour du triptyque historique de l’ONU : paix et sécurité, droits de l’homme, et développement. Toutefois, le mot d’ordre reste la réforme. Face à un multilatéralisme souvent décrié pour ses lourdeurs et son impuissance devant les crises mondiales, Macky Sall promet une organisation « plus efficace » et mieux outillée, en misant notamment sur la modernisation du Secrétariat et l’intégration de la transformation numérique.

L’analyse du propos révèle une volonté délibérée de transformer son parcours politique en atout comparatif majeur face à ses rivaux internationaux (parmi lesquels figurent l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet ou le patron de l’AIEA Rafael Grossi). En insistant sur son « expérience de vie publique nationale » et son action « à l’échelle africaine et internationale » — rappelant implicitement ses mandats à la tête du Sénégal, de l’Union africaine et de la Cedeao —, Macky Sall se positionne comme un pragmatique rompu aux négociation complexes et à la gestion de crises.

Un détail clé ressort de cette communication : la référence appuyée à la « confiance » des États membres. Tout en plaidant pour un leadership fort, le candidat sénégalais prend soin de rappeler que la réussite d’un Secrétaire général dépend de sa capacité à travailler de concert avec les souverainetés nationales. Cette posture vise à rassurer à la fois les grandes puissances du Conseil de sécurité et les pays du Sud global.

Après avoir consolidé ses bases à Dakar grâce à sa rencontre républicaine avec le président Bassirou Diomaye Faye la semaine dernière, Macky Sall démontre qu’il est désormais pleinement engagé dans la phase internationale de sa campagne. Alors que le processus de sélection entre dans sa ligne droite avant l’échéance de décembre 2026, cette prestation à la tribune de l’Assemblée générale lui permet de réaffirmer la légitimité et les ambitions de la diplomatie africaine sur la scène mondiale.

Correspondance Particulière 

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