Barndaké : un hub douanier sous haute performance

Gazelle D'Afrique

Récemment promu au rang de Bureau Principal hors classe par décision ministérielle, le poste frontalier de Barndaké affiche une santé financière exceptionnelle. Porté par le boom des importations de véhicules et une gestion rigoureuse, ce point stratégique situé à la frontière nigériane a pulvérisé ses objectifs budgétaires au premier semestre 2026, s’imposant comme le poumon économique du secteur des douanes du Nord. Rencontre avec son Chef de Bureau, l’Inspecteur Principal M. ISSA VAGANA

Consacré par l’arrêté ministériel du 18 juin 2026, le Bureau Principal des Douanes hors classe de Barndaké change de dimension. Ce poste terrestre adossé au géant nigérian possède une singularité majeure : son rayon d’action englobe le plan d’eau du fleuve Bénoué, une artère fluviale vitale pour le va-et-vient des marchandises. Aux côtés de son homologue de Gaschiga, Barndaké s’est imposé comme l’unité de collecte incontournable, mobilisant à elle seule la quasi-totalité des recettes douanières de la région du Nord.

Les chiffres du premier semestre 2026 traduisent un dynamisme exceptionnel. Face à un objectif budgétaire initialement fixé à 1,045 milliard de FCFA, le bureau a recouvré une enveloppe globale de 1,575 milliard de FCFA en valeur absolue, soit un taux d’exécution spectaculaire de 150,79 %. En isolant les seules recettes budgétaires déduites, la performance se chiffre à 1,268 milliard de FCFA, traduisant un taux de réalisation net de 121,35 %.

Selon l’Inspecteur Principal ISSA VAGANA, cette efficacité repose sur deux piliers majeurs : une écoute permanente des usagers et une célérité accrue dans la liquidation des opérations de dédouanement. Sur la période, pas moins de 1 402 cargaisons diverses, incluant véhicules de tourisme, matériels roulants, motocycles et lubrifiants, ont été traitées avec diligence.

Le paysage commercial de Barndaké a profondément muté. Alors qu’avant 2024, les recettes étaient portées par le commerce des lubrifiants importés, cette filière a drastiquement décliné en raison de facteurs extérieurs. Aujourd’hui, le dédouanement des véhicules d’occasion représente la locomotive du bureau, générant à lui seul près de 80 % des perceptions mensuelles globales.

Mais cette prospérité attire la fraude, caractérisée ici par la contrebande de véhicules via des moyens de transport légers. Pour verrouiller la frontière, le bureau s’appuie sur ses unités rattachées, les Brigades Commerciale de Barndaké et Mobile de Demsa. Grâce à un maillage rigoureux (postes de contrôle sensibles, vérifications systématiques et répression stricte), six procédures litigieuses majeures et une dizaine d’affaires conjointes liées à de fausses déclarations ont été instruites au premier semestre.

Malgré ces succès, le quotidien reste un combat. Le bureau se heurte à la porosité de la frontière et à un déficit criant d’infrastructures : le site n’est pas clôturé, menaçant la sécurité du personnel, tandis que les coupures de courant et l’instabilité d’Internet freinent la numérisation. Plus grave encore, l’état dégradé des routes et des ponts force les gros porteurs à contourner le bureau.

À l’aube d’un second semestre ralenti par la saison des pluies, M. ISSA VAGANA reste déterminé et appelle à un partenariat franc : « Les populations doivent nous accompagner par le renseignement face à la fraude, et les opérateurs économiques par le civisme réglementaire dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant. »

Félix SWABOKA 

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