Venezuela : Le monde au chevet de Caracas, l’ONU en plein bras de fer

Gazelle D'Afrique
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Après la capture spectaculaire de Nicolas Maduro par les forces spéciales américaines, la scène internationale se déplace ce lundi 5 janvier 2026 au siège des Nations unies. Entre dénonciations de « rapt international » et justification de lutte contre le narcoterrorisme, la réunion d’urgence du Conseil de sécurité cristallise une fracture mondiale sans précédent.

Ce lundi, l’atmosphère sera sans doute électrique à New York. Le Conseil de sécurité se réunit à la demande expresse de Caracas et de Bogota pour statuer sur ce que beaucoup qualifient de « violation majeure » de la Charte des Nations unies. Le Secrétaire général, António Guterres, a d’ores et déjà ouvert les débats en exprimant sa profonde préoccupation face au non-respect des règles du droit international.

D’un côté, la Russie et la Chine mènent la fronde diplomatique, exigeant la libération immédiate du « président légalement élu ». De l’autre, l’ambassadeur américain Mike Waltz défend une ligne ferme : il ne s’agirait pas d’un « changement de régime », mais d’une opération de justice ciblée contre un homme inculpé par les tribunaux américains. Le monde observe, fébrile, si une résolution commune pourra émerger ou si le droit de veto paralysera une fois de plus l’institution.

Pour comprendre cette tension, il faut revenir quarante-huit heures en arrière. Dans la nuit du vendredi au samedi 3 janvier, plus de 150 aéronefs américains ont lancé une offensive de « grande envergure ». Des frappes de précision ont visé des points névralgiques comme le complexe militaire de Fuerte Tiuna et la base aérienne de La Carlota, plongeant une partie de la capitale vénézuélienne dans le noir et le chaos.

Au milieu des explosions, une unité d’élite a réussi l’impensable : l’extraction forcée de Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Quelques heures plus tard, Donald Trump publiait sur son réseau Truth Social une photo du président déchu, menotté et portant un masque occultant, confirmant sa présence sur le sol américain pour y être jugé.

Pourquoi maintenant ? Si cette intervention a choqué par sa soudaineté, elle est l’aboutissement d’une stratégie américaine construite sur trois piliers majeurs : Le front judiciaire : Washington traite désormais Nicolas Maduro comme un simple trafiquant de drogue. Inculpé pour avoir dirigé le « Cartel des Soleils », il est accusé d’avoir inondé les États-Unis de cocaïne et d’avoir collaboré avec des groupes terroristes comme le Hezbollah.

L’argument humanitaire et migratoire : L’administration Trump justifie l’urgence par la nécessité de stopper l’effondrement du pays, qui a provoqué l’une des plus graves crises migratoires du continent. Le levier énergétique : C’est le point le plus controversé. Le président américain a explicitement déclaré que les États-Unis allaient « sécuriser » et exploiter les réserves pétrolières vénézuéliennes — les plus importantes au monde — afin de financer la reconstruction du pays sous supervision américaine.

Pendant que les diplomates s’affrontent à New York, le Venezuela retient son souffle. La vice-présidente Delcy Rodriguez tente de maintenir un semblant de continuité étatique, tandis que l’opposition, menée par Maria Corina Machado et Edmundo González, voit dans cette intervention « l’heure de la liberté ». Le risque de guerre civile ou d’occupation prolongée plane sur la région.

La réunion de l’ONU aujourd’hui est bien plus qu’une formalité diplomatique : c’est le premier test de la survie de l’ordre international tel qu’on le connaît face à la politique du fait accompli.

Correspondance Particulière

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