Droit international humanitaire et intelligence artificielle : un dialogue africain pour un futur éthique et humain

Gazelle D'Afrique
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Le colloque international d’envergure qui s’est tenu à Yaoundé du 25 au 27 Novembre 2025 à l’initiative du Comité international de la Croix-Rouge en partenariat avec l’Université de Yaoundé 2 via le CEDIC, a permis aux experts africains et internationaux présents d’explorer les défis et opportunités juridiques, éthiques et opérationnels de l’intelligence artificielle(IA) dans le contexte des conflits armés. Au bout du compte 11 recommandations ont été adoptées dans l’optique de faire bouger les lignes rapidement.

Pendant trois jours, l’amphithéâtre de la Croix-Rouge camerounaise s’est transformé en un haut lieu de science, de l’intelligentsia et d’échanges multidisciplinaires. Placé sur le thème « Droit international humanitaire et intelligence artificielle : perspectives africaines », ce colloque international de haut niveau a rassemblé 150 experts africains et internationaux.

Dans son déroulement, il s’est articulé autour de deux sessions plénières (ouverture et clôture), huit ateliers thématiques, des démonstrations pratiques et des stands d’exposition. Chercheurs en droit, praticiens, acteurs humanitaires, experts en technologie, militaires et décideurs ont ainsi partagé leurs expériences et réflexions sur la manière d’adapter le droit international humanitaire (DIH) à l’ère numérique.

L’objectif principal était de mieux comprendre les implications de l’IA sur la conduite des conflits, tout en intégrant une dimension spécifiquement africaine, culturelle et anthropologique. Des propositions pour un cadre africain de l’IA humanisée Les participants ont souligné la nécessité d’intégrer les valeurs africaines dans le droit international humanitaire (DIH), en plaçant l’humain au cœur de l’intelligence artificielle.

Ils ont appelé à une transformation légale durable, avec un cadre juridique africain propre à la régulation de l’IA, marquée par un financement local accru et une réduction des influences extra-africaines dans ce domaine. L’enjeu est de développer une appropriation africaine de ces technologies afin d’assurer une application contextualisée et éthiquement responsable du Droit international humanitaire dans les conflits en Afrique.

Le colloque a mis en lumière les tensions complexes entre technologies avancées et droits humains. L’intelligence artificielle n’est pas perçue comme une culture totale, mais comme une accélération qui pousse à repenser les mécanismes de responsabilité, le jugement humain et le fondement moral des décisions de guerre.

Cette rencontre a rappelé avec force que la technologie doit rester au service de la dignité humaine et de la paix, sous une responsabilité collective qui préserve la vie humaine au-delà de la quête technologique.

Les travaux de Yaoundé ont permis au bout de trois jours d’adopter un total de 11 recommandations. Parmi elles ont peut citer en bonne place la première recommandation qui met un accent sur l’élaboration d’une stratégie nationale sur l’utilisation responsable de l’IA. La seconde quant à elle, parle d’un renforcement des capacités par la formation de la ressource humaine pour une appropriation éthique et professionnelle de l’IA.

Ce colloque international a ainsi ouvert une voie nouvelle pour concilier innovation technologique et respect des droits humains dans les conflits armés, en proposant une perspective africaine engagée et résolument humaniste sur le droit international humanitaire face à l’intelligence artificielle.

Fabien Mbarga

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