La jeunesse de l’arrondissement de Meyomessi, département du Dja-et-Lobo, a adressé un message fort à l’une de ses élites les plus influentes, Louis Paul Motaze, actuel Ministre des Finances. Saluant la réélection du Président Paul Biya, à laquelle leur arrondissement a apporté un soutien « total (100%) », ces jeunes expriment leur fierté mais aussi leur frustration face au sous-développement persistant. Dans un plaidoyer détaillé, ils appellent le Ministre Motaze à initier un « changement de paradigme » basé sur la méritocratie, l’équité et la transparence, particulièrement dans la gestion locale, l’accès aux opportunités et l’insertion professionnelle.
Le message, formulé avec respect mais sans détour, exprime d’abord la loyauté inébranlable de la communauté envers le Chef de l’État, une fidélité qu’ils attribuent aux valeurs d’engagement incarnées par le Ministre Motaze. Cependant, le ton devient plus pressant lorsqu’ils évoquent le besoin urgent d’un « dialogue sincère et constructif » pour débloquer le développement de Meyomessi. Les observations et suggestions sont structurées autour de thématiques clés, pointant du doigt ce que la jeunesse perçoit comme des dysfonctionnements locaux et un manque d’équité dans la distribution des bénéfices.
Concernant la gestion locale, les jeunes dénoncent des nominations qui ne respecteraient pas toujours le mérite et l’équilibre, citant l’exemple de Directeurs Généraux remplacés par des Sous-directeurs à la tête d’instances communales. Selon eux, de telles pratiques sont sources de « frustrations » et freinent l’unité. Ils insistent également pour que les appuis financiers et aides ponctuelles bénéficient prioritairement aux originaires de Meyomessi, garantissant ainsi une participation réelle à l’essor de la communauté. Pour renforcer la structure locale, ils proposent de promouvoir au moins deux élites influentes par village, estimant que cela garantirait une meilleure représentativité et cohésion.
Le message aborde de front la question des opportunités au sein du propre ministère de Louis Paul Motaze. Les jeunes regrettent une apparente iniquité, affirmant que les relations au MINFI semblent parfois « guidées par des considérations familiales plutôt que par l’équité et le mérite », contrairement à la solidarité communautaire observée dans d’autres départements ministériels (MINTP, MINEPAT). Ils demandent ainsi instamment au Ministre d’accorder trois postes stratégiques à des jeunes compétents de Meyomessi, soulignant que l’arrondissement regorge de « talents et de cadres valables ».
Au-delà de la fonction publique, la jeunesse sollicite l’appui du Ministre pour faciliter l’accès aux grandes écoles et universités d’État dans des domaines variés (médecine, ingénierie, économie), insistant sur le fait que l’ENAM n’est pas la seule voie vers la réussite. En matière d’insertion professionnelle, ils rappellent le rôle déterminant du Ministre des Finances dans les secteurs bancaires, des assurances et de la microfinance. Ils l’encouragent à créer ou soutenir des opportunités pour que les jeunes de Meyomessi puissent devenir agents généraux, courtiers ou gestionnaires, participant activement à la croissance économique du pays.
Après la victoire présidentielle, les jeunes estiment qu’il est juste que les 24 villages de Meyomessi bénéficient de retombées concrètes, pointant le fait que beaucoup de jeunes engagés et méritants n’ont jamais été nommés ou promus. L’un des points les plus délicats du message concerne la gestion locale et le rôle de l’épouse du Ministre. Avec déférence, la jeunesse souhaite que « Madame nous laisse davantage la liberté de gestion de notre arrondissement », permettant aux autorités locales d’exercer leurs missions en toute sérénité. Ils demandent la reconsidération du titre de « marraine de Meyomessi » et souhaitent que les actions de solidarité soient concertées avec l’ensemble des élites pour éviter les « incompréhensions et divisions inutiles ». Un vœu similaire est exprimé concernant le respect des autorités administratives, en particulier la Sous-préfet, pour garantir une coordination apaisée.
Enfin, les jeunes de Meyomessi aspirent à une gestion plus ouverte et participative, réclamant que le développement ne soit plus décidé dans un « cercle restreint ». Ils mettent en garde contre les « photos et rapports » qui ne reflètent pas la réalité difficile du terrain, révélant une « profonde détresse » derrière les apparences flatteuses.
En conclusion, les signataires réaffirment leur foi en la « justice, l’équité et la sagesse » du Ministre Motaze, l’appelant à écrire avec eux « une nouvelle page d’espérance » pour l’arrondissement.
Une analyse de Arsène Nna
