La Chambre des Représentants a été le théâtre d’échanges cruciaux le vendredi 20 juin dernier, alors que le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) présentait, devant la Commission des Affaires Culturelles, Sociales et Familiales, un état des lieux préoccupant des conditions des femmes et des jeunes filles au Cameroun.
Au cœur des débats, la recrudescence alarmante des féminicides, un phénomène qui interpelle et mobilise les plus hautes instances du pays.
La séance, présidée par l’Honorable Douvaouissa dans la salle Très Honorable Cavaye Yeguie Djibril du Palais de Verre Paul Biya, a réuni les députés et des hauts fonctionnaires de l’Assemblée Nationale, dont les Secrétaires Généraux Adjoints N°1 et N°2, M. Mamoudou Atikou Hayatou et M. Sakwe Elangwe.

L’objectif était clair : évaluer la situation des féminicides et envisager des stratégies concertées pour y faire face. Le rapport global présenté par Madame la Ministre a mis en lumière la gravité des violences faites aux femmes et le nombre croissant de féminicides, des actes qui minent le tissu social camerounais.
Les députés, visiblement émus et préoccupés, n’ont pas manqué d’exprimer leurs inquiétudes. Leurs questions et contributions ont souligné la nécessité d’une action gouvernementale forte et d’une mobilisation de l’ensemble de la société pour endiguer ce phénomène tragique.

L’engagement des parlementaires à défendre cette cause, qu’ils qualifient de fragilisation sociétale, a été unanimement affirmé.
Un moment clé de cette session fut l’exposé de l’organisation activiste « Stop Féminicide 237 ». Cette structure, fer de lance de la lutte contre les violences faites aux femmes au Cameroun, a présenté son propre rapport sur les féminicides, corroborant les données ministérielles et apportant un éclairage supplémentaire sur la vulnérabilité des femmes camerounaises.
Leur plaidoyer passionné en faveur d’une protection accrue des victimes et d’une prévention plus efficace des violences a trouvé un écho favorable auprès des députés. L’expertise de « Stop Féminicide 237 » a été précieuse, car leurs propositions visaient des mesures concrètes et adaptées au contexte camerounais.

À l’issue de cet exposé percutant, les recommandations formulées par la Commission des Affaires Culturelles, Sociales et Familiales, fortement influencées par les apports de l’organisation de la société civile, ont été adoptées à l’unanimité. Bien que le contenu précis de ces recommandations n’ait pas été détaillé, il est attendu qu’elles couvrent un large éventail d’actions, incluant: Le renforcement du cadre légal pour une meilleure criminalisation et sanction des féminicides; m’amélioration des mécanismes de protection des victimes et des survivantes de violences basées sur le genre; le développement de campagnes de sensibilisation massives pour changer les mentalités et déconstruire les stéréotypes sexistes; le renforcement des capacités des forces de l’ordre et du système judiciaire pour une prise en charge efficace des cas de violences; la mise en place de structures d’accueil et d’accompagnement psychosocial et juridique pour les femmes en danger.
Cette synergie entre le pouvoir exécutif, le législatif et la société civile marque une étape importante dans la lutte contre les féminicides au Cameroun. Elle témoigne d’une prise de conscience collective de l’urgence de la situation et d’une volonté politique d’agir concrètement pour garantir la sécurité et la dignité des femmes et des jeunes filles sur l’ensemble du territoire national.

L’heure est désormais à la mise en œuvre de ces résolutions, un défi majeur pour l’avenir du Cameroun. Il reste à savoir, comment ces recommandations pourraient-elles être efficacement mises en œuvre pour produire un impact réel et durable sur le terrain ?
Arsène Nna
