Il est des journées qui dépassent le simple cadre de l’agenda institutionnel pour s’inscrire dans la mémoire collective d’une cité. Ce vendredi 23 octobre 2026, Ngaoundéré, chef-lieu de la région de l’Adamaoua, a été le théâtre d’un déploiement philanthropique d’une envergure remarquable. Par l’entremise de sa fondation éponyme, l’Honorable Ali Bachir, grand opérateur économique et figure de proue de la scène socio-politique locale, a orchestré une vaste offensive solidaire. Touchant simultanément les secteurs névralgiques de l’éducation, de la santé et du cadre de vie communautaire, cette série d’initiatives marque un tournant dans la conduite du mécénat au Cameroun.
Loin des opérations de prestige sans lendemain, le périple solidaire de l’Honorable Ali Bachir s’est décliné en quatre étapes méthodiquement structurées, répondant à des urgences structurelles concrètes du département de la Vina.
C’est d’abord le secteur éducatif, socle de la transmission républicaine, qui a capté le cœur de cette journée. Au Lycée Classique de Ngaoundéré ainsi qu’à l’École Publique du Quartier Résidentiel, le mécène a procédé à la remise solennelle d’importants lots de tables-bancs, apportant une réponse immédiate aux défis de surcapacité d’accueil et d’amélioration des conditions d’étude.
Mais l’ambition ne s’est pas arrêtée à la réhabilitation des infrastructures traditionnelles. À l’École Catholique Saints-Anges-Gardiens de Marza, la pose de la première pierre d’une salle de classe digitalisée proprojette la jeunesse locale dans la modernité technologique, posant les jalons d’un apprentissage adapté aux mutations numériques contemporaines.
Sur le plan sanitaire, la réception officielle des travaux de réfection de la toiture du pavillon de l’Hôpital Militaire de Ngaoundéré vient consolider l’offre de soins dans la région. Une intervention cruciale qui redonne dignité aux patients et offre au personnel soignant un cadre d’exercice réhabilité.
Au-delà de la matérialité des investissements, c’est la dimension symbolique et discursive de l’événement qui retient l’attention de l’observateur politique. Lors de l’étape du Lycée Classique, l’émotion a pris le pas sur le protocole. Se dépouillant de ses casquettes habituelles — « Pas en homme politique, pas en homme d’affaires, mais comme un fils qui rentre à la maison » —, l’Honorable Ali Bachir a livré une déclaration poignante sur ses canaux officiels.
En qualifiant cet établissement de « berceau », d’« incubateur » et de « première maison », l’ancien élève des classes de sixième et de troisième a opéré une déconstruction explicite du concept de charité. Pour lui, la dotation offerte aux jeunes générations relève d’une « dette sacrée » envers l’institution qui lui a tout donné lorsqu’il n’était qu’un enfant anonyme, « timide, rêveur et affamé de savoir ».
Cette dialectique de la restitution — où le donateur affirme recevoir des élèves « l’honneur d’être utile » — confère à la démarche une portée éthique singulière. En affirmant devant la communauté éducative et les autorités administratives que « l’on n’abandonne jamais ses enfants », il érige le lien avec sa terre natale en un contrat moral inaliénable, placé au-dessus des vicissitudes et des échéances politiques.
Pour couronner cette journée d’actions, la résidence privée de l’homme d’affaires Ali Bachir s’est transformée le soir venu en un carrefour de rassemblement populaire. Élites traditionnelles, autorités administratives, corps professoral et citoyens venus des quatre angles de l’Adamaoua s’y sont retrouvés dans une atmosphère de fraternité retrouvée.
Dans un contexte national où la question du développement local et de la décentralisation exige une implication accrue des élites du terroir, le modèle d’action déployé à Ngaoundéré offre une grille de lecture éclairante. Il démontre que la philanthropie, lorsqu’elle est portée par une vision claire et un ancrage affectif authentique, peut devenir un puissant catalyseur de cohésion sociale et d’émulation pour la jeunesse de la Vina. En réaffirmant sa présence aux côtés des siennes, l’Honorable Ali Bachir ne s’est pas contenté de donner des équipements : il a renouvelé un pacte de confiance avec sa cité.
Arsène Nna


