Nourane Fotsing : Du PCRN au PSG, le virage politique

Gazelle D'Afrique

C’est un véritable coup de tonnerre qui vient de secouer le paysage politique camerounais. Dans une lettre datée du 26 septembre 2026, adressée directement à Cabral Libii, président du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN), la députée de la circonscription de Wouri-Est, l’Honorable Nourane Moluh Hassana épouse Fotsing, a officialisé sa démission avec effet immédiat. Plus qu’un simple départ d’appareil, ce schisme met en lumière les tensions idéologiques, éthiques et stratégiques qui traversent l’opposition parlementaire à l’approche des échéances cruciales.

Loin d’être un coup de tête, cette démission marque l’aboutissement de dix années de compagnonnage politique et de combats partagés. Dans sa missive, l’élue de Wouri-Est pointe du doigt une érosion progressive de la confiance, alimentée par des divergences fondamentales.

Au cœur de cette fracture figure un épisode révélateur : le traitement réservé à la députée à la suite d’une invitation officielle de la Première dame du Cameroun. Prise pour cible et « jetée à la vindicte populaire » par ses propres partisans pour avoir répondu à cet appel institutionnel, Nourane Fotsing déplore une logique du « deux poids, deux mesures ». Elle rappelle à ce titre que Cabral Libii lui-même s’est rendu à plusieurs reprises auprès du président de la République sans subir de désaveu interne. Pour la parlementaire, le respect des institutions républicaines ne saurait s’effacer devant des calculs partisans ni se transformer en « faute politique » au gré des circonstances.

Au-delà de cette querelle d’appareil, la critique portée par la députée se fait plus grave et sociétale. Elle dénonce ouvertement les attaques personnelles, la stigmatisation liée à ses origines ainsi que « l’absence de réaction des instances du parti face à certaines dérives ».

Face à ce qu’elle perçoit comme un glissement vers le repli identitaire et l’exclusion, l’Honorable Nourane Fotsing martèle une vision républicaine forte : aucun Camerounais ne doit avoir à justifier son droit de vivre, de travailler ou de s’installer sur le territoire national. « De Douala à Maroua, de Bamenda à Bertoua, de Garoua à Buea, de Bafoussam à Yaoundé, nous sommes tous chez nous », rappelle-t-elle, refusant catégoriquement que l’appartenance communautaire serve de critère de légitimité politique.

Tout en saluant le talent oratoire et l’éloquence incontestables de Cabral Libii, l’ancienne figure de proue du PCRN dresse un constat sévère sur les limites du discours politique abstrait. Selon elle, les discours passionnés ne suffisent plus à extirper le pays du sous-développement. Le Cameroun réclame désormais des « actions concrètes, des résultats mesurables et un engagement qui se traduit dans le quotidien » des populations.

C’est précisément ce pragmatisme qui motive son adhésion immédiate au Pacte Social pour la Gouvernance (PSG), une formation au sein de laquelle elle entend placer son action au service d’impacts directs pour les citoyens.

En concluant sa lettre sans haine ni esprit de revanche, la députée interpelle l’ensemble de la classe politique sur la violence verbale et la personnalisation des débats : « À quel moment, dans notre pays, la politique est-elle devenue un ring où l’on cherche à détruire celui qui ose penser autrement ? »

Cette démission spectaculaire redistribue les cartes au sein de l’Assemblée nationale et laisse le PCRN face à ses propres démons : sa capacité à gérer l’altérité en son sein, à dépasser les tensions identitaires et à transformer sa dynamique tribune en projet de gouvernance crédible. Pour Nourane Fotsing, une nouvelle page s’ouvre sous le signe du PSG, avec le défi renouvelé d’incarner une politique centrée sur l’unité et le développement.

Nkolo Divine 

 

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