- Malgré un environnement sécuritaire et économique régional particulièrement mouvant, la direction des douanes de la région du Nord affiche une résilience financière remarquable. Entre diplomatie de terrain, vigilance sécuritaire et modernisation fiscale, immersion dans les stratégies d’un secteur clé pour l’économie nationale.
Manager en temps de crise exige autant de fermeté que de flexibilité. À la tête du secteur des douanes du Nord, Touagaï Raymond impulse une gouvernance axée sur le pragmatisme et le dialogue. Dans une région frontalière où l’activité économique subit de plein fouet les soubresauts politiques, sécuritaires ou monétaires du voisin nigérian, le top management a choisi la carte de la concertation plutôt que celle de la coercition.
L’approche est méthodique : maintenir une écoute permanente des opérateurs économiques et éviter une pression fiscale contre-productive dans un contexte post-électoral délicat. En interne, cette gouvernance de proximité se traduit par des réunions stratégiques régulières avec les collaborateurs. L’objectif est clair : adapter en temps réel les dispositifs de collecte aux réalités changeantes du terrain. Cette cohésion interne, soutenue par un personnel discipliné et assidu, constitue le premier pilier des performances actuelles.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis janvier, le secteur maintient fermement sa trajectoire de performance avec un cap mensuel de 700 à 800 millions de FCFA de recettes internalisées. Un véritable tour de force quand on sait que la structure a récemment payé un lourd tribut à l’instabilité, marqué par l’incendie criminel du bureau de Lagdo et de deux postes de contrôle.
Dans cette architecture financière, certaines unités s’imposent comme de véritables poumons économiques. C’est le cas de Gashiga, qui porte à elle seule le tiers des recettes globales du secteur. La sécurisation de ces plateformes de collecte, renforcée par une synergie sans faille avec l’autorité administrative et les forces de maintien de l’ordre (FMO), permet de sanctuariser l’effort de mobilisation des ressources face aux crises exogènes et endogènes.
L’apport du secteur à l’économie nationale ne se limite pas à la simple perception des droits de douane ; il s’étend à la protection de l’espace commercial légal. Sur le terrain de la lutte contre la contrebande, les unités d’active, appuyées par la mission Halcomi, mènent une traque sans répit. Les saisies régulières de véhicules et de médicaments de qualité douteuse préservent non seulement le Trésor public, mais relèvent également d’un enjeu de santé publique.
Parallèlement, le secteur du Nord réussit son pari de la modernité grâce à la fiscalisation du numérique. Longtemps perçue avec appréhension, la taxe sur les téléphones mobiles importés entre progressivement dans les mœurs. Grâce à d’intenses campagnes de sensibilisation et de pédagogie menées par les équipes de Touagaï Raymond, les importateurs se plient désormais volontairement aux formalités de dédouanement.
En réussissant à concilier impératifs budgétaires de l’État et préservation du tissu économique local, les douanes du Nord démontrent qu’une administration fiscale peut être performante sans être asphyxiante. Un modèle de résilience qui consolide durablement les finances publiques.
Arsène Nna

