Climat et développement : Le Cameroun intensifie sa coopération avec l’Autorité du Bassin du Niger

Gazelle D'Afrique

Face à la fragilité croissante des écosystèmes et aux enjeux de sécurité alimentaire, le Cameroun renforce son engagement au sein du Programme Intégré d’Adaptation au Changement Climatique dans le Bassin du Niger (PIDACC/BN). En recevant le Secrétaire Exécutif de l’Autorité du Bassin du Niger (ABN), le Ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, a sonné la mobilisation générale pour accélérer des projets cruciaux, alors que l’échéance de 2027 approche à grands pas.

La rencontre, tenue ce 1er juin 2026 à Yaoundé entre le Ministre Alamine Ousmane Mey et M. Kocou Armand Houanye, marque un tournant opérationnel majeur. Plus qu’une simple visite de courtoisie, cette audience s’inscrit dans une logique de redynamisation d’un programme vital pour neuf pays africains.

Le Bassin du Niger n’est pas qu’une entité géographique ; c’est le socle de survie pour près de 200 millions d’habitants. La pression démographique, couplée aux effets dévastateurs du changement climatique — érosion des sols, rareté des ressources hydriques et baisse de la biodiversité — menace directement la stabilité sociale. Pour le Cameroun, ces enjeux sont aussi nationaux que régionaux : la résilience des populations riveraines du bassin est intrinsèquement liée à la sécurité alimentaire du pays.

La mobilisation de 134 milliards de FCFA à l’échelle régionale, grâce à des partenaires stratégiques comme la Banque Africaine de Développement (BAD), le Fonds Vert pour le Climat, l’Union Européenne et la coopération allemande, témoigne de la confiance internationale envers le projet. Cependant, l’enjeu actuel n’est plus seulement financier, mais gestionnaire. Avec 9 milliards de FCFA alloués spécifiquement au Cameroun et une enveloppe supplémentaire de 3 milliards dédiée aux ouvrages multisectoriels (agriculture, élevage, économie), la priorité est désormais à l’efficacité de la dépense publique.

Le constat dressé lors de cette concertation est sans appel : à moins de deux ans de la clôture du programme (31 décembre 2027), le taux d’exécution reste jugé insuffisant (35% au niveau régional, 30% au Cameroun). Ce décalage souligne des goulots d’étranglement institutionnels et opérationnels que le MINEPAT et l’ABN s’attellent désormais à lever. L’enjeu est de transformer ces promesses budgétaires en infrastructures concrètes sur le terrain avant l’échéance finale.

Cette visite réaffirme le rôle de leader du Cameroun dans la sous-région. En acceptant de mettre autour d’une table les acteurs de la mise en œuvre, Yaoundé envoie un signal fort : le pays ne se contente pas de participer, il entend piloter la transformation socio-économique de son espace géographique.

La concertation vise à renforcer la coordination entre les services nationaux et le secrétariat exécutif de l’ABN. En fluidifiant les échanges et en simplifiant les procédures de suivi, le gouvernement camerounais espère non seulement rattraper le retard, mais aussi poser les bases d’une gestion durable des ressources naturelles au-delà de 2027. En somme, c’est tout l’avenir de la coopération transfrontalière qui se joue ici : une démonstration de volonté politique pour garantir que l’eau, l’agriculture et l’économie restent des facteurs de paix et de prospérité pour les générations futures.

Arsène Nna 

 

 

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