​Station de Japoma : La révolution hydraulique en marche

Gazelle D'Afrique

Le projet de réhabilitation et d’extension de la station de Japoma, à Douala, n’est pas qu’un simple chantier de génie civil. En portant la capacité de production de 55 000 à 123 000 m³/jour, la CAMWATER engage la métropole économique dans une mutation profonde. Analyse d’un tournant décisif pour l’accès à l’eau potable et la résilience urbaine.

La ville de Douala, poumon économique du Cameroun, fait face à une équation démographique complexe : une urbanisation galopante qui exige une réponse infrastructurelle à la hauteur. Le projet de Japoma, porté par le Dr Blaise MOUSSA sous l’impulsion des hautes directives présidentielles, vient briser le plafond de verre qui limitait jusqu’ici la desserte en eau.

En doublant quasiment sa capacité de production, l’usine de Japoma ne se contente pas de pallier le déficit actuel ; elle anticipe la croissance de la métropole. Avec une cible de 85 % de taux de desserte urbaine à l’horizon 2032, le projet s’inscrit dans une logique de planification à long terme. Cette vision, soutenue par le Programme prioritaire quinquennal (PPQI) et le plan stratégique de la CAMWATER, marque une rupture avec les interventions ponctuelles pour privilégier une restructuration globale.

L’aspect le plus remarquable de cette opération réside dans sa technicité. L’intégration de la filtration membranaire, la modernisation du système de supervision SCADA et le renforcement des capacités de pompage sur le fleuve Dibamba et le canal Massoumbou témoignent d’une volonté de moderniser l’outil industriel.

Le partenariat avec la Banque EXPORT FINANCE NORWAY (Eksfin) et l’expertise de l’entreprise norvégienne INRIGO AS soulignent la crédibilité internationale de la démarche camerounaise. Pour la CAMWATER, c’est une montée en puissance opérationnelle : en plus de la production, le projet inclut un transfert de compétences crucial. La maintenance d’installations aussi sophistiquées exigera un personnel qualifié, transformant ce chantier en un centre de formation à ciel ouvert pour les ingénieurs locaux.

Au-delà du béton et des conduites, l’impact social est le véritable cœur de cette action. L’accès à l’eau est un déterminant de santé publique. En visant l’ODD 6 — garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement — la CAMWATER s’attaque directement aux maladies hydriques, véritable frein au développement humain. Pour le million de personnes impactées, la livraison prochaine du projet signifie la fin des tensions quotidiennes sur la ressource et une amélioration tangible du cadre de vie.

Le passage à 123 000 m³/jour redéfinit l’équilibre hydrique de Douala. Néanmoins, un tel investissement impose une gestion rigoureuse de la distribution. Le succès de cette modernisation ne sera complet que s’il est accompagné d’une gestion optimisée des réseaux de distribution pour éviter les déperditions.

En somme, Japoma est le symbole d’une CAMWATER qui mute : d’une entreprise de service traditionnel, elle devient une institution tournée vers la haute technologie et la durabilité. À l’approche de la livraison, c’est tout le visage de Douala, ville en pleine ébullition, qui s’apprête à changer. Plus qu’un simple projet, c’est un pacte de confiance renouvelé entre l’État et les populations urbaines.

Arsène Nna 

 

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *