Douanes de l’Extrême-Nord : L’offensive Quentin Dima face aux impératifs de 2026

Gazelle D'Afrique
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Le 22 avril 2026, la ville de Maroua a été le théâtre d’un événement stratégique pour l’administration fiscale camerounaise : l’installation du Commandant DIMA Quentin Achille comme Chef du Secteur des Douanes de l’Extrême-Nord. Succédant à Alain Parfait Eba’a Efandene, le nouveau patron des douanes régionales n’a pas bénéficié d’un temps d’observation. Dès le lendemain, la méthode Dima a été activée, marquant le début d’une ère qui se veut à la fois pragmatique, inclusive et résolument offensive.

La nomination de DIMA Quentin Achille n’est pas le fruit du hasard. Ancien Chef de cellule de surveillance et figure clé de l’opération HALCOMI (Halte au Commerce Illicite) dans la zone septentrionale, il est un homme de terrain qui connaît chaque sentier de la porosité frontalière du Grand-Nord.

En le plaçant à ce poste, la Direction Générale des Douanes (DGD) envoie un signal clair : la priorité est à la maîtrise des flux et à la lutte contre la fraude. Son profil d’officier expérimenté est perçu comme l’atout nécessaire pour restaurer l’autorité de l’État dans une zone où le secteur informel dicte souvent sa loi.

Le Commandant DIMA hérite d’un secteur opérant dans une région classée « économiquement sinistrée ». Ce statut particulier impose un équilibre délicat : il faut maximiser les recettes sans étouffer des opérateurs économiques déjà fragilisés par l’insécurité persistante et les chocs climatiques.

Le contexte est marqué par : La porosité des frontières avec le Nigeria et le Tchad. L’insécurité qui perturbe les circuits logistiques traditionnels. La contrebande organisée, qui prive l’État de ressources essentielles.

Le bilan de son prédécesseur est loin d’être négligeable. Sous l’ère Eba’a Efandene, les recettes sont passées de 4,737 milliards FCFA en 2021 à 5,102 milliards FCFA en 2025.

Cependant, les premiers signaux de 2026 ont montré des signes d’essoufflement. En janvier 2026, le taux de réalisation plafonnait à 79,33 %. Bien que le premier trimestre affiche un cumul de 1,35 milliard FCFA, la pente reste raide pour atteindre les objectifs annuels. C’est dans ce creux de performance que DIMA Quentin Achille doit injecter sa nouvelle dynamique pour inverser la tendance.

L’année 2026 n’est pas une année de grâce budgétaire. La Loi de Finances impose au gouvernement camerounais une pression accrue sur les recettes non pétrolières. Pour la hiérarchie douanière, l’Extrême-Nord doit contribuer plus et mieux.

Les attentes sont explicites : Élargissement de l’assiette fiscale en débusquant de nouvelles niches de recettes. Digitalisation et célérité des procédures pour encourager le secteur formel. Rigueur comptable pour limiter les déperditions financières.

La grande innovation de cette prise de fonction réside dans la méthode. Dès son premier jour effectif, le Commandant DIMA a réuni ses collaborateurs et les opérateurs économiques pour une séance de diagnostic partagé.

Sa déclaration, « Je suis venu avec humilité, pour écouter et comprendre vos besoins réels avant d’agir », rompt avec l’image d’une administration douanière purement répressive. En instaurant un climat de transparence mutuelle, il cherche à transformer l’opérateur économique de « suspect potentiel » en « partenaire de croissance ». Cette approche collaborative est la clé de voûte de sa stratégie : si les opérateurs se sentent accompagnés et sécurisés, le civisme fiscal progressera naturellement.

Le Commandant DIMA possède le « mix » de compétences requis pour ce défi. Sa maîtrise de la surveillance (issue de son passage à la DGD) lui permettra de serrer les vis là où la fraude prospère, tandis que son sens du dialogue, affiché lors des réunions de Maroua, facilitera l’adhésion des troupes et des partenaires.

Cependant, sa réussite dépendra de sa capacité à  Maintenir la discipline au sein de ses propres unités (moralisation des comportements). Collaborer efficacement avec les forces de défense pour sécuriser les corridors commerciaux. Transformer les promesses de facilitation en réalités concrètes sur le terrain (reporting instantané, déblocage des situations).

Pour nous résumer, l’approche du nouveau Chef Secteur des Douanes de l’Extrême-Nord est une méthode de gestion de crise appliquée à l’administration fiscale. Dans un Extrême-Nord résilient mais éprouvé, le Commandant DIMA Quentin Achille se pose en chef d’orchestre d’une douane moderne : ferme sur les principes, mais souple dans l’accompagnement.

Le cap est fixé, les acteurs sont mobilisés, et les prochains trimestres diront si cette synergie suffira à transformer les défis sécuritaires en victoires économiques.

Arsène Nna 

 

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