Dossier Spécial : Le Naufrage Annoncé De L’hôpital Régional Annexe de Kousséri

Gazelle D'Afrique
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Par la Rédaction — Investigation exclusive

Moins de deux ans après sa nomination, le Dr Isseini Amazia, chirurgien-dentiste propulsé à la tête de l’Hôpital Régional Annexe de Kousseri, est au cœur d’une tempête sans précédent. Entre dérives tribales, licenciements abusifs, mépris de la hiérarchie et de l’héritage de son prédécesseur, l’institution de référence du Logone-et-Chari sombre dans le chaos. Enquête sur un « comédien » dont la gestion ne fait plus rire personne.

Le premier acte de ce qui ressemble à une tragédie sanitaire a commencé par une vague de licenciements brutale. Sous le prétexte fallacieux d’une mise en conformité avec l’Ordre National des Infirmiers du Cameroun, le Directeur a mis à la porte des professionnels chevronnés, certains cumulant plus de 20 ans de service.

L’ironie du sort — ou plutôt le cynisme — réside dans le fait que ces agents expérimentés, renvoyés sans préavis ni dédommagement, ont été remplacés par des recrues issues de sa propre communauté. Ces nouveaux venus, pour la plupart, ne sont ni inscrits à l’ordre, ni dotés de l’expérience nécessaire pour gérer des cas critiques. C’est un véritable tribalisme à ciel ouvert qui s’est installé dans une structure censée appartenir à tous les Camerounais.

Pour comprendre l’ampleur du désastre actuel, il faut se souvenir de la métamorphose spectaculaire qu’avait insufflée le regretté Dr Yaya Souleymanou. Sous sa direction, l’hôpital n’était plus un simple centre de soins local, mais un pôle d’excellence attirant non seulement les populations du Septentrion, mais aussi des patients venus massivement du Tchad voisin.

Le Dr Souleymanou avait une ambition claire : hisser l’établissement au rang d’Hôpital de 2ème catégorie. Pour ce faire, il avait doté l’institution d’un plateau technique flambant neuf et d’infrastructures modernisées qui faisaient la fierté de la ville. Malheureusement, ce rêve de grandeur est aujourd’hui obstrué.

Là où son prédécesseur bâtissait et entretenait avec rigueur, le Dr Isseini Amazia brille par une inertie dévastatrice. Les édifices, pourtant récents, se dégradent faute de soins, et les équipements de pointe, livrés à l’abandon, menacent de devenir de simples carcasses métalliques.

L’analyse comparative des deux gestions révèle une régression alarmante sur tous les plans. Alors que le Dr Souleymanou misait sur une vision de développement régional, attirant une patientèle internationale par la qualité de son offre, le Dr Amazia a choisi la voie du repli identitaire. L’excellence académique et professionnelle a été sacrifiée sur l’autel du népotisme. Là où le plateau technique était le moteur de l’hôpital, il est aujourd’hui devenu un accessoire négligé par un directeur plus préoccupé par ses alliances claniques que par la maintenance des machines.

Ce passage d’une gestion basée sur le mérite à une administration de « proximité ethnique » a brisé le dialogue social. Isolé, le Directeur est désormais en conflit ouvert avec ses proches collaborateurs (SG, Régisseur) et même avec les autorités administratives et sécuritaires de la ville, transformant l’hôpital en une zone de non-droit administratif.

Conséquence directe de ce chaos : la chute libre du rendement hospitalier. Le personnel expérimenté ayant été chassé, le soin est désormais administré par des néophytes. Les licenciements sans préavis, sans motif valable et sans indemnités constituent non seulement une violation flagrante du droit du travail, mais une insulte à ceux qui ont consacré leur vie à la santé des populations de Kousseri.

Le constat est amer : l’Hôpital Régional Annexe de Kousseri, autrefois joyau sanitaire aux portes de la frontière, est devenu l’otage d’un amateurisme managérial inquiétant. Entre le souvenir d’un Dr Souleymanou bâtisseur et la réalité d’un Dr Amazia destructeur, le fossé est devenu un gouffre.

La population du Logone-et-Chari et le personnel médical n’attendent plus qu’une chose : que le Ministère de la Santé Publique siffle la fin de la récréation avant que l’institution ne s’effondre définitivement.

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