Lac Tchad : Le succès éclatant du PROLAC ouvre la voie à une seconde phase

Gazelle D'Afrique
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Après plusieurs années d’intervention dans l’Extrême-Nord du Cameroun, le Projet de Relance et de Développement de la Région du Lac Tchad (PROLAC) a officiellement bouclé son cycle le 22 décembre 2025. Avec un bilan dépassant largement les espérances initiales — plus de 287 000 bénéficiaires directs et des infrastructures durables — le projet s’impose comme un modèle de résilience face à l’insécurité et au changement climatique. Le gouvernement camerounais sollicite déjà le soutien de la Banque mondiale pour une suite encore plus ambitieuse.

C’est dans une atmosphère de satisfaction partagée que s’est tenue à Yaoundé la cinquième et ultime session du Comité national de pilotage (COPIL). Sous la présidence d’Alamine Ousmane Mey, Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), les chiffres présentés ont de quoi impressionner. Alors que le projet tablait initialement sur 80 000 bénéficiaires, ce sont finalement 287 050 personnes qui ont directement profité des retombées du PROLAC.

Cette réussite se traduit par une efficacité opérationnelle exemplaire : un taux d’exécution physique de 93 % et un taux de décaissement dépassant les 90 %. Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et climatiques majeurs, ces performances témoignent d’une gestion rigoureuse et d’une adaptation constante aux réalités du terrain.

Sur le terrain, la transformation est concrète. Pour les populations du département du Logone-et-Chari, le PROLAC a été synonyme de désenclavement. La réhabilitation de 150 kilomètres de routes rurales a permis de reconnecter des villages isolés aux marchés locaux, facilitant ainsi les échanges commerciaux. Parallèlement, la construction de 61 infrastructures socio-économiques (marchés, centres de santé, points d’eau) a redonné un souffle de vie aux communautés.

Le secteur agropastoral, pilier de l’économie locale, n’a pas été en reste : plus de 45 900 producteurs et personnes vulnérables ont bénéficié d’un appui technique et matériel pour relancer leurs activités. Plus impressionnant encore, le projet a généré plus de 45 000 emplois directs et indirects, offrant une alternative concrète à l’oisiveté qui alimente parfois l’insécurité.

Au-delà du béton et de l’économie, le PROLAC a investi dans l’humain. Le volet social a permis de sensibiliser 188 000 personnes aux valeurs de citoyenneté et de cohésion sociale, essentielles dans une zone meurtrie par les conflits. L’avenir intellectuel de la région a également été soutenu par le financement de 80 bourses d’études en master et doctorat, visant à former une expertise locale capable de penser le développement futur.

Le projet a aussi joué un rôle diplomatique discret mais crucial en renforçant la coopération transfrontalière entre le Cameroun, le Tchad et le Nigeria, prouvant que les défis du bassin du Lac Tchad ne peuvent être résolus que par une approche solidaire.

Face à ce succès, l’heure n’est pas au désengagement, mais à la consolidation. « Autant de résultats qui permettent de remercier notre partenaire, la Banque mondiale, vers qui nous comptons nous orienter pour solliciter probablement un doublement de l’enveloppe », a martelé Alamine Ousmane Mey devant la presse.

Financé à hauteur de 35,6 milliards de FCFA par l’Association Internationale de Développement (IDA), le PROLAC a prouvé sa pertinence. L’enjeu est désormais d’assurer la pérennité des infrastructures livrées. Les recommandations du COPIL sont claires : il faut que les communautés locales et les mairies s’approprient ces acquis pour qu’ils ne se dégradent pas avec le temps.

Alors que le premier cycle s’achève sur une note « éclatante », les regards sont désormais tournés vers la préparation de la seconde phase. Le défi est immense : stabiliser durablement une région frappée par les inondations récurrentes et les menaces sécuritaires, pour transformer cette zone de crise en un véritable pôle de prospérité régionale.

Arsène Nna, Crédit Image MINEPAT

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