Sous le haut patronage du Chef de l’État, Paul Biya, la ville de Garoua a accueilli la première édition du Forum Économique International du Septentrion (FECIS). Ces assises majeures, organisées par la Chambre de commerce du Nord, ont fédéré les forces vives de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord. L’objectif a été de définir une stratégie de développement concertée et de mobiliser les investissements nécessaires pour transformer ce vaste pôle camerounais. Le Forum a abouti à une feuille de route claire, axée sur la transformation agro-industrielle, l’amélioration du climat des affaires et le renforcement de la connectivité régionale.
Le coup d’envoi du Forum Économique International du Septentrion (FECIS) a marqué un moment d’une importance capitale pour l’avenir économique des trois régions septentrionales du Cameroun. Ce rassemblement, qui ambitionne de traduire les intentions de développement en actions concrètes, a réuni l’élite politique, les opérateurs économiques, les investisseurs et les acteurs de la société civile du Grand Nord.
L’initiative, portée par le Dr Abdoul-Nasser Ousmanou, Délégué Général du FECIS et Président de la Chambre de commerce du Nord, a été chaleureusement saluée par les autorités. À l’ouverture des travaux, le Gouverneur de la Région du Nord, Jean Abate Edi’i, a souligné que ce forum représente une opportunité unique de renforcer l’attractivité de ces territoires souvent confrontés à des défis structurels importants.
Le FECIS a servi de plateforme de mobilisation, de prise de conscience et de dialogue structuré. Ses conclusions se sont articulées autour de trois piliers majeurs qui dessinent la future architecture économique du Septentrion.
L’une des résolutions phares est la reconnaissance de la nécessité de rendre le Septentrion plus attractif, non seulement en garantissant la sécurité, mais aussi en facilitant l’investissement. Un engagement ferme a été pris pour établir des rencontres régulières entre les administrations et les entreprises afin de lever les goulots d’étranglement administratifs et de simplifier les procédures, faisant de Garoua un modèle d’efficacité.
Les discussions ont mis en lumière l’urgence de sécuriser les titres fonciers. Cet effort est crucial pour rassurer les investisseurs s’intéressant aux projets d’agriculture à grande échelle, à l’immobilier et aux projets liés aux aménagements urbains post-CAN.
Secundo, Le Forum a clairement marqué la volonté de rompre avec l’économie de subsistance au profit d’une approche orientée vers la transformation locale et la création de valeur ajoutée. Le secteur agropastoral est le pivot. Le FECIS a lancé un appel à la mobilisation d’investissements massifs pour : La modernisation des techniques agricoles (irrigation, mécanisation). L’implantation d’unités de transformation des produits emblématiques de la région (coton, maïs, sorgho, produits d’élevage) afin que la richesse produite reste et bénéficie à la population locale.
L’amélioration des services d’eau et d’électricité est jugée non négociable. Le Forum a rappelé l’urgence d’accélérer les projets en cours et de se tourner vers des solutions énergétiques durables (énergies renouvelables) pour soutenir les futures unités industrielles. Le potentiel du tourisme (parcs nationaux, réserves) a été réaffirmé, nécessitant des investissements ciblés dans l’hôtellerie et les infrastructures d’accessibilité.
Enfin tercio, Le FECIS a insisté sur l’importance de positionner le Grand Nord comme une plateforme régionale dynamique et non comme une zone isolée. À cet effet, La finalisation et la réhabilitation des axes routiers reliant les régions entre elles (Garoua, Maroua, Ngaoundéré) et vers les pays voisins (Nigéria, Tchad, Centrafrique) sont considérées comme essentielles pour faciliter le commerce transfrontalier.
Le Forum a lancé un appel vibrant aux élites et à la diaspora originaires du Septentrion pour qu’elles s’impliquent activement et investissent dans les projets régionaux alignés sur les objectifs de la Stratégie Nationale de Développement (SND30).
Au demeurant, cette première édition du FECIS a permis d’établir un cadre stratégique clair et de créer le réseau nécessaire à l’amorçage des investissements. La concrétisation de cette feuille de route dépendra désormais du suivi rigoureux des engagements pris par toutes les parties prenantes.
Abdoul Salam Moumini

