Ambroise Owotsogo Onguene: « Il faut que tous les parents se mobilisent pour qu’aucun enfant manque cette opération gratuite »

Gazelle D'Afrique
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Dans le cadre de la poursuite de la seconde phase de l’opération spéciale d’établissement et de délivrance des actes de naissance aux élèves du primaire, le coordonnateur général du Programme d’Appui à la Réforme de l’Education (PAREC) a organisé une rencontre d’échange avec les journalistes le 08 décembre 2025 à Yaoundé. L’objectif principalement recherché ici etait d’attirer davantage la très haute attention des parents qui continuent d’afficher leur indifference vis à vis de cette opération pourtant très salutaire pour l’avenir de leurs progénitures respectives. Voici du reste quelques points importants abordés lors de cette rencontre.

Qu’est-ce que l’opération spéciale d’établissement et de délivrance gratuite des actes de naissance pour les enfants du primaire et quels sont ses objectifs ?

C’est une opération qui consiste à aider les enfants camerounais à achever, en réalité, leur scolarisation. On s’est rendu compte que l’objectif d’universalisation du cycle primaire a été quelque peu compromis. Parce qu’il faudrait que les 100 enfants qui entrent à l’école primaire puissent achever leur cycle. Et depuis des années, nous restons toujours à 75%, 76%. Alors, les 25% qui restent, qui n’achèvent pas le cycle, c’est généralement les enfants qui n’ont pas d’actes de naissance.

Donc, l’opération spéciale qui est conduite par le ministre de l’Éducation de base sur le financement de la Banque mondiale à travers le programme d’appui à la réforme de l’éducation qui est le PAREC, vise justement à doter à près d’un million d’enfants, les actes de naissance, avec l’appui de tous les partenaires, en commençant par le ministère de la Justice, qui tient les audiences forènes spéciales dans les différentes localités.

Après le succès de la première phase de cette opération spéciale, la deuxième a été lancée au mois de Mars par le ministre de l’Éducation de base. Où en sommes nous à ce jour?

C’est que jusqu’à présent, sur les près d’un million d’enfants que l’opération voudrait doter d’actes de naissance, il n’y a qu’à peu près 50% d’enfants, soit à peu près 533 000, qui ont déjà déposé des dossiers auprès des juridictions. C’est déjà une très bonne avancée. Donner la vie à près de 500 000 enfants, c’est déjà une bonne chose. Mais, nous n’avons pas encore atteint l’objectif. Et, c’est pour cette raison que le ministre d’Etat, ministre de la Justice et garde des sceaux a prorogé l’opération jusqu’au 15 janvier. Mais, ce n’est pas au 15 janvier que les dossiers doivent être déposés dans les juridictions.

Les dossiers doivent être déposés jusqu’au 15 décembre 2025. Ça c’est la date que le ministre de l’éducation de base, le Pr Laurent Serges Etoundi Ngoa a fixé pour que ces opérations puissent se dérouler. Parce que ce n’est pas la première fois. C’est une énième fois que le ministre relance ses collaborateurs de terrain. Toutefois, il y a des difficultés qu’ils éprouvent. Bon nombre de parents n’ont pas les pièces nécessaires. Et notamment la carte nationale d’identité ou l’acte de naissance. C’est d’ailleurs le même cas pour les témoins.

Et donc nous devons, je vous prie, effectivement, de faire en sorte qu’au niveau des médias, que tous les parents soient suffisamment sensibilisés, que c’est une opération gratuite, une opération gratuite d’établissement et de délivrance des actes de naissance. Ça ne demande pas des ressources. Les ressources sont financées par le Parec qui apporte l’appui au ministère de la Justice pour faire toutes ces descentes-là.

Quels sont les documents requis pour la constitution du dossier ?

Les documents requis, comme je l’ai dit, il faudrait que les parents, et notamment la mère puisse apporter , une photocopie d’acte de naissance ou une photocopie de la carte nationale d’identité. Les deux témoins doivent fournir les mêmes pièces. Et ces dossiers sont déposés à l’école. Donc, ça ne demande même pas déjà aux parents ou aux témoins de faire de longs déplacements. Ils déposent ces dossiers à l’école. Et c’est l’inspecteur qui va vers la mairie pour obtenir les attestations de non-établissement des actes et qui va également vers le médecin pour le certificat d’âge apparent.

Et peut-être qu’il faut le soulever ici, que le ministre de la Santé a donné des directives dans le sens en demandant à ses collaborateurs de terrain de délivrer gratuitement ses attestations de certificat d’âge apparent. Et maintenant, dès que l’inspecteur aura constitué tout le dossier, il portera ce dossier au niveau des juridictions compétentes.

Qui est concerné par cette campagne gratuite?

C’est vous, c’est moi. Mais principalement, c’est d’abord nos responsables de terrain, les inspecteurs d’arrondissement, mais les parents en premier lieu. Parce que si les parents n’apportent pas le dossier, l’inspecteur ne va pas inventer des dossiers. Il faut donc que tous les parents se mobilisent pour qu’aucun enfant ne manque cette opération gratuite. Le ministre de l’Éducation de base l’a dit au cours d’une de ses correspondances qu’aucun enfant ne doit rester de côté. Il faut que tous les enfants profitent de cette opération gratuite pour que chaque enfant ait son acte de naissance.

Il avait même dit, au cours de la correspondance, que tous les enfants à partir de la SIL devraient avoir leur acte de naissance. Les enfants de la maternelle, initialement, n’étaient pas concernés par cette opération. Donc, c’est les parents en premier lieu. Maintenant, les responsables du ministère de l’Éducation de base, qui sont les inspecteurs d’arrondissement, qui doivent conduire toute l’opération jusqu’au niveau des juridictions. À l’heure actuelle, je peux également vous donner l’information, parce que les services du ministère de la Justice sont sur le terrain pour s’assurer que le travail est en train d’être fait, qu’on ne se retrouve pas avec des situations où les juridictions traînent le pas.

Peut-être que ça permettrait également, parce qu’on a également quelques soucis avec la crise post-électorale, où certaines juridictions ont été brûlées, ou avec un certains nombres de dossiers. Donc, ces responsables sont également en train de prendre toutes les dispositions pour que les dossiers qui sont portés disparus avec le feu, puissent être reconstitués.

Fabien Mbarga

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