Lutte contre le terrorisme : Ouagadougou réinstaure la peine de mort abolie en 2018.

Gazelle D'Afrique
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C’est un tournant radical dans la législation pénale burkinabè. Réuni en Conseil des ministres ce 4 décembre 2025, le gouvernement de transition, dirigé par le Capitaine Ibrahim Traoré, a adopté un projet de nouveau Code pénal qui prévoit le rétablissement de la peine de mort. Abolie en 2018, la peine capitale est réintroduite pour sanctionner les infractions les plus graves touchant à la sécurité de l’État : la haute trahison, les actes de terrorisme et l’espionnage. Ce texte, qui doit encore être validé par l’Assemblée législative de transition, symbolise une volonté inébranlable de fermeté face à la crise sécuritaire et aux menaces internes qui affaiblissent le pays.

L’adoption de ce projet de loi est un signal fort envoyé tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Alors que le Burkina Faso fait face à une recrudescence des attaques terroristes et à une instabilité politique chronique, le régime du Capitaine Traoré choisit de mobiliser l’arsenal juridique le plus sévère pour protéger la souveraineté nationale.

La décision de réintroduire la peine de mort marque une rupture avec l’orientation prise en 2018. Cette mesure extrême est exclusivement réservée aux crimes qui menacent l’existence et l’intégrité du Burkina Faso. La haute trahison, l’espionnage et le terrorisme sont perçus comme des atteintes fondamentales qui justifient, aux yeux du gouvernement de transition, le recours à la sanction suprême.

Cette réinstauration répond à une logique de dissuasion maximale. En ciblant ceux qui collaborent avec l’ennemi ou qui portent directement atteinte à la vie des citoyens et des institutions, le gouvernement cherche à rétablir une peur salutaire chez les potentiels acteurs de la déstabilisation. Le message est clair : l’ère de l’impunité pour les ennemis de la nation est révolue.

Au-delà de la peine capitale, le nouveau Code pénal vise un durcissement généralisé des sanctions pour assoir l’autorité de l’État. Infractions Financières : Le texte prévoit un relèvement significatif des amendes pour les délits économiques et financiers. L’objectif est de frapper au portefeuille ceux qui s’enrichissent illicitement, tout en fournissant des ressources accrues aux caisses de l’État. Corruption : Si la corruption reste l’un des fléaux majeurs du pays, le gouvernement a choisi, pour l’heure, de ne pas l’inclure dans le champ d’application de la peine de mort.

Néanmoins, les peines d’emprisonnement et les amendes pour les actes de concussion et de détournement de fonds sont considérablement renforcées. Cette distinction montre une hiérarchisation des priorités : la survie sécuritaire prime, même si la lutte anti-corruption reste une nécessité.

Bien qu’adopté en Conseil des ministres, le projet n’est pas encore loi. Il doit désormais être soumis à l’Assemblée Législative de Transition (ALT) pour un débat et un vote. Étant donné la nature du régime en place et l’urgence sécuritaire, l’adoption de ce texte par l’ALT semble très probable.

Ce nouveau Code pénal, avec le rétablissement de la peine de mort, est donc la traduction législative d’une stratégie de guerre menée par le régime du Capitaine Traoré pour restaurer l’ordre et l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire burkinabè.

Abakar Abakia

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