Le Cameroun est en deuil suite à la disparition d’Anicet Ekane, président charismatique du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM). Le décès est survenu dans la nuit du dimanche 30 novembre au lundi 1er décembre 2025 alors qu’il était incarcéré, selon les informations confirmées par ses avocats et sa famille. Cette mort en détention, après son arrestation en octobre, soulève une vague d’émotion et d’interrogations au sujet des conditions de sa détention et de la répression politique.
Anicet Ekane, 75 ans, était une figure respectée et déterminée de la scène politique camerounaise, ayant consacré sa vie à un combat qu’il qualifiait de lutte pour la démocratie et la justice. Son engagement pour les principes démocratiques lui avait valu l’admiration d’une partie de l’opinion, voyant en lui un symbole de résistance face au pouvoir en place.
Plus récemment, lors de la dernière élection présidentielle, Anicet Ekane s’était distingué par son soutien sans équivoque à la candidature d’Issa Tchiroma Bakary. À l’issue du scrutin, il avait fermement reconnu la victoire de ce dernier et dénoncé les irrégularités qui auraient, selon lui, entaché le processus électoral. C’est ce positionnement post-électoral qui est au cœur des accusations portées contre lui.
Le leader du MANIDEM avait été interpellé le 24 octobre 2025 à Douala avant d’être placé en détention au Secrétaire d’État à la Défense (SED) en charge de la Gendarmerie à Yaoundé. Il était visé, avec d’autres leaders de l’opposition, par des accusations graves d’insurrection et de rébellion. Son incarcération avait immédiatement été dénoncée par ses proches et son collectif d’avocats comme arbitraire et injuste, d’autant plus que l’état de santé d’Anicet Ekane était notoirement précaire.
Les avocats avaient alerté sur les conditions de détention jugées difficiles et l’absence d’accès adéquat aux soins médicaux nécessaires. Leurs dénonciations pointaient notamment la confiscation de ses dispositifs vitaux, y compris son extracteur d’oxygène, une situation qui aurait directement mis sa vie en danger.
Jusqu’à ses derniers instants, Anicet Ekane a maintenu une ligne politique sans compromis. Dans ses ultimes communications, il avait lancé un vibrant appel à l’unité et à la résistance, rejetant catégoriquement toute négociation avec le régime, affirmant de manière marquante que « négocier, c’est trahir ». Son courage et sa détermination sont aujourd’hui mis en avant par le MANIDEM comme un héritage qui continuera d’inspirer les militants et l’opposition.
Le décès d’Anicet Ekane en détention a provoqué une profonde consternation au Cameroun. Le MANIDEM et ses partisans exigent désormais qu’une lumière soit faite sur les circonstances de sa mort et que justice soit rendue pour leur leader, ainsi que pour toutes les personnes touchées par la répression politique dans le pays.
La mort du président du MANIDEM dans de telles conditions est perçue par ses soutiens comme le symbole tragique d’un climat politique tendu et d’une escalade dans la répression de la dissidence.
Arsène Nna
