FECAFOOT : Le Second Mandat d’Eto’o Scellé Malgré les Frictions Institutionnelles

Gazelle D'Afrique
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C’est sous haute tension politique et malgré l’opposition affichée du Ministère des Sports que la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) a tenu son Assemblée générale élective ce samedi 29 novembre à Mbankomo. Au terme d’un processus sous la surveillance des émissaires de la FIFA et de la CAF, Samuel Eto’o Fils a été réélu sans surprise à la tête de l’instance, recueillant 85 voix sur 87 suffrages exprimés. Au-delà de ce plébiscite, cette journée institutionnelle a été majeure pour redéfinir l’équilibre politique de la fédération, notamment à travers le renouvellement du Comité exécutif, véritable centre de gravité décisionnel pour les quatre prochaines années.

L’Assemblée générale (AG) élective de la FECAFOOT, tenue dans l’enceinte du Centre d’excellence de la CAF à Mbankomo, restera marquée par le climat institutionnel inédit qui l’a précédée. Le Ministère des Sports avait pourtant clairement tenté d’empêcher la tenue de cet événement, saisissant même le Ministère de l’Administration territoriale (Minat) pour obtenir une interdiction. Devant l’absence de réaction officielle du Minat, la FECAFOOT a pu maintenir son agenda, menant l’exercice électoral « contre vents et marées ».

L’issue du scrutin présidentiel n’a laissé planer aucun doute : avec 85 voix sur 87, Samuel Eto’o entame un second mandat de quatre ans avec une légitimité interne écrasante, traduisant un soutien massif des délégués issus des ligues régionales, départementales et des clubs. Toutefois, l’enjeu principal de cette journée institutionnelle ne résidait pas dans la confirmation du président. Il se concentrait sur la recomposition du Comité exécutif (Comex).

Composé de 19 membres, le Comex est l’organe nerveux qui valide les grandes orientations, supervise les compétitions et pilote les réformes lancées depuis 2021. La configuration du nouveau Comité exécutif est déterminante pour l’avenir du football camerounais. De la capacité du président Eto’o à consolider une majorité solide au sein de cet organe dépendront :

La stabilité interne : Un Comex fragmenté pourrait être la source de nouveaux blocages administratifs et de contestations, un scénario que les observateurs internationaux souhaitent éviter dans un contexte déjà tendu. La vitesse des réformes : La nouvelle architecture du Comex donnera la direction et la cadence des changements à venir, qu’il s’agisse de la transparence financière, de la gouvernance des compétitions nationales ou du développement du football féminin. Les rapports de force : L’élection des postes stratégiques a permis de jauger le poids des alliances régionales et sectorielles, redéfinissant le centre de gravité politique de la fédération pour le cycle 2026-2030.

En définitive, l’Assemblée générale de Mbankomo a marqué la fin d’un cycle de tensions et le début d’un nouveau mandat. Le plébiscite accordé au président réélu lui confère une autorité renouvelée, mais l’efficacité de son second mandat sera jugée à l’aune de la cohésion et de la performance du nouvel organe exécutif qui l’accompagnera.

Abdoul Salam Moumini

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