​Yaoundé 2026 : L’Afrique prépare son Congrès historique de l’Eau.

Gazelle D'Afrique
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Yaoundé, ce 17 novembre 2025, la capitale camerounaise a été le théâtre d’un appel vibrant à l’action et à la coopération continentale. À l’occasion de l’ouverture de la 96e session du Conseil stratégique et technologique (CST) de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA), les voix des leaders africains se sont unies pour dénoncer la crise de l’eau et de l’assainissement qui touche encore des centaines de millions d’Africains. Sous le thème de la « gestion durable des ressources en eau et renforcement des services d’eau et d’assainissement : quel levier stratégique pour des actions fortes en Afrique », la rencontre a jeté les bases d’une mobilisation sans précédent, annonçant notamment un Congrès international majeur en 2026, toujours à Yaoundé.

Le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, lors de son allocution du jour, a dressé un tableau sans concession de la situation. Malgré des efforts gouvernementaux, près de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’eau potable de qualité, et environ 700 millions vivent sans assainissement adéquat. Ce déficit est d’autant plus criant que le continent dispose de ressources hydriques importantes, mais inégalement réparties, mal exploitées et menacées par le changement climatique, la pression démographique et le financement insuffisant.

Le ministre a souligné l’urgence d’élaborer des stratégies communes appropriées pour améliorer efficacement le service public de l’eau. Il a insisté sur le rôle essentiel du CST, qui doit servir d’espace panafricain de réflexion et de coordination stratégique pour transformer les connaissances scientifiques en solutions opérationnelles et formuler des recommandations visant l’atteinte de l’Objectif de Développement Durable numéro 6 (ODD 6).

Faisant écho à cette urgence, le Directeur Général de la Camwater le Dr Blaise Moussa, par ailleurs Président en exercice de l’AAEA, a martelé que « l’heure est résolument à l’action ». Il a réitéré l’engagement de son mandat autour de trois priorités : l’excellence opérationnelle, le renforcement de la coopération entre opérateurs et la valorisation des solutions africaines adaptées aux réalités locales. Le DG a mis en lumière l’importance de la coopération Sud-Sud, citant l’exemple des échanges de bonnes pratiques avec la Société des Eaux du Congo et celle du Tchad. Il a également insisté sur la nécessité de combler le fossé entre la recherche et l’action par le renforcement des groupes de travail thématiques, notamment sur la digitalisation des services et la gestion intégrée des bassins versants.

Pour le Dr Blaise Moussa, l’eau et l’assainissement ne sont pas seulement une ressource, mais un « droit fondamental, un facteur de paix, de santé publique et de prospérité socio-économique ». Cet engagement est la pierre angulaire des efforts visant l’accès universel d’ici 2030.

Le Président du Comité Exécutif de l’AAEA, François Olivier Gosso, a insisté sur la nature collective du défi. Rappelant la sagesse du proverbe selon lequel « l’eau ne refuse pas son chemin même lorsque les pierres sont nombreuses », il a appelé à la détermination, l’intelligence collective et l’endurance.Il a salué le travail de l’AAEA, qui, depuis 2015, a touché la vie de plus de 350 millions de personnes en matière d’accès à l’eau et amélioré les services d’assainissement pour plus de 110 millions de citoyens. Pour pérenniser ces acquis, il est impératif d’adopter une approche systémique, intégrée et durable qui passe par : Le renforcement de la gouvernance et de la régulation. La modernisation et la digitalisation des services. La mobilisation de financements innovants et durables. La promotion de technologies adaptées et résilientes. Les trois discours convergent autour de l’importance de ce Conseil stratégique et technologique comme catalyseur de transformation.

Il est l’espace où les experts, chercheurs et décideurs doivent identifier des leviers stratégiques pour : Évaluer les défis du changement climatique et de la croissance démographique. Promouvoir les innovations techniques et institutionnelles. Favoriser la coopération régionale et le partage d’expériences.

Un point central de ces assises est l’annonce officielle du 23e Congrès International et Exposition de l’AAEA, qui se tiendra au Palais des Congrès de Yaoundé du 9 au 13 février 2026. Les trois orateurs ont insisté sur l’importance de cet événement, qui sera bien plus qu’une simple rencontre scientifique ou commerciale. Le Congrès de Yaoundé est présenté comme une « tribune d’influence », un « catalyseur de changement » et une « opportunité historique » pour le Cameroun et l’Afrique.

Il ambitionne de réunir plus de 3000 participants pour porter un plaidoyer fort et cohérent auprès des décideurs. Les six thématiques structurantes du Congrès, allant de la gestion intégrée des ressources à la transformation digitale, dessinent une feuille de route ambitieuse pour une Afrique capable de concevoir et de développer ses propres solutions.

En conclusion, le message est clair : l’Afrique détient les clés de sa propre résilience hydrique. Le CST est l’étape préparatoire essentielle pour que le Congrès de 2026 soit le lieu où l’Afrique « décidera ensemble de relever le défi de l’eau et de l’assainissement ». La mobilisation de tous les acteurs à l’instar des gouvernements, des entreprises, desvexperts et partenaires – est désormais le mot d’ordre pour faire de « Yaoundé 2026 une réussite exemplaire au service des générations présentes et futures ».

Arsène Nna

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