Face à l’urgence économique et sociale engendrée par l’arrêt de la circulation des camions, conséquence des tensions post-électorales ayant paralysé une partie de l’approvisionnement national, le Ministre des Transports a tranché. Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe a ordonné ce mercredi 12 novembre 2025 la suspension momentanée de toutes les opérations de prévention et de sécurité routières sur les grands axes. Cette mesure, annoncée par une note de service adressée aux Délégués régionaux et départementaux, est la première action concrète découlant de la récente réunion de crise tenue avec les acteurs du secteur. L’objectif étant d’apaiser le front social des transporteurs, relancer la chaîne logistique et, par ricochet, mettre un frein à la flambée des prix observée sur les marchés.
La décision ministérielle, contenue dans la note N° 04400/L/MINT/SG/DTR, stipule clairement la suspension des opérations de contrôle « jusqu’à nouvel ordre ». Cette mesure choc trouve sa source dans un contexte socio-politique extrêmement tendu qui a basculé sur le terrain économique.
Depuis plusieurs jours, les principaux syndicats de transporteurs avaient mis à l’arrêt la circulation des camions. Si des revendications habituelles sur les infrastructures routières et le coût du carburant existent, le catalyseur de cette grève résidait dans l’insécurité ambiante et les tensions post-électorales qui ont rendu les trajets dangereux.
Les transporteurs dénonçaient également le maintien des points de contrôle, souvent jugés arbitraires et sources de racket, même dans ce climat de crise. L’équation était simple : les camions restant immobilisés, les denrées alimentaires (produits agricoles, manufacturés) n’arrivaient plus dans les centres urbains. L’effet immédiat fut une hausse vertigineuse des prix sur les marchés, touchant directement le panier de la ménagère. La note du Ministre intervient donc comme une réponse politique d’urgence. En levant provisoirement la pression des contrôles, le gouvernement offre une garantie de fluidité aux camionneurs, les incitant à reprendre la route.
L’acte du Ministre Ngalle Bibehe répond ainsi à deux problématiques majeures. Premièrement la Crise Immédiate : Il s’agit d’une mesure d’apaisement pour débloquer le transport, injecter de l’offre sur les marchés et faire retomber les prix, prouvant ainsi la capacité du gouvernement à agir face à l’inflation d’origine logistique.
En deuxième lieu, la Problématique Structurelle : La suspension des contrôles, au-delà de la crise post-électorale, est un coup de semonce contre les dérives de la répression routière. Ces opérations sont depuis longtemps décriées par les usagers pour leur caractère vénal et les actes de corruption qui y sont perpétrés. La suspension force de facto les agents à rentrer en caserne pour une réorganisation.
Néanmoins, le risque que cette absence de contrôle sur les axes majeurs se traduit par une hausse des incivilités et des accidents réels. Pour pallier cela, le Ministre a pris soin de maintenir les activités de sensibilisation et de suivi réglementaire au sein des gares, des agences de voyages et des établissements de formation.
La note se conclut par une mise en garde sans précédent sur l’importance de la stricte application de cette instruction, promettant qu’« aucun manquement ne sera toléré ». Ce ton ferme suggère que le retour aux contrôles ne se fera pas sans une réorganisation profonde des unités, afin que les abus du passé ne viennent pas annuler les bénéfices de cette trêve économique et sociale.
Abdoulaye Daouda

