Paralysie du Transport routier : Le Cœur de l’Économie Menacé

Gazelle D'Afrique
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Au lendemain de la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle, le Cameroun est pris dans une spirale de tensions post-électorales qui paralysent l’activité économique et provoquent une flambée alarmante des prix des produits de première nécessité. Dans des métropoles clés comme Douala, Yaoundé, Bafoussam, Garoua et Maroua, les craintes de troubles et d’agressions ont vidé les rues et les marchés, créant un climat de grande incertitude pour les acteurs économiques. Le secteur des transports, maillon essentiel de la chaîne d’approvisionnement, est le plus durement touché, menaçant le fragile équilibre financier de milliers de familles et l’accès des ménages aux denrées vitales.

La peur est palpable sur les grands axes routiers camerounais. Les transporteurs, confrontés au risque permanent d’attaques, de pillages et de vandalisme sur leurs convois, préfèrent l’arrêt de travail à la mise en danger de leur outil de subsistance. Pour les chauffeurs et les propriétaires de camions, le calcul est simple et terrifiant : « Envoyer un camion avec la marchandise aujourd’hui, c’est risquer de tout perdre. En cas d’agression, le camion, la cargaison et l’emploi sont partis. Comment s’en sortir dans ce cas ? », s’insurge Makaïla Adoum, un transporteur camerounais.

Cette paralysie logistique, issue directement du climat de violence et d’insécurité qui a suivi l’annonce des résultats, a un impact immédiat et dramatique sur l’économie nationale. Le flux des marchandises, notamment des denrées alimentaires et des produits manufacturés, est fortement perturbé entre la capitale économique et les autres régions.

La raréfaction des produits sur les marchés et dans les grandes surfaces, conséquence directe du blocage des transports, a engendré une hausse vertigineuse des prix des produits de première nécessité. Selon plusieurs sources et plaintes de consommateurs dans des villes comme Douala et Yaoundé, les prix de certains produits de base (huiles, riz, pâtes, etc.) auraient connu une augmentation pouvant aller de 10 à 25 % en quelques jours.

Les spéculateurs profitent de la panique et de l’incertitude pour stocker et revendre à prix d’or, aggravant la crise du pouvoir d’achat des ménages camerounais. Les économistes alertent sur un risque d’inflation aiguë si cette situation de crise et de perturbations de l’approvisionnement se prolonge. Les plus vulnérables de la population sont, comme toujours, les premiers à souffrir de cette double peine : l’insécurité et la vie chère.

L’insécurité n’affecte pas seulement les routes, mais aussi les centres urbains. La crainte de se retrouver isolé et d’être victime d’agression ou de pillage a conduit de nombreux commerçants à maintenir leurs boutiques fermées. Les villes, notamment celles qui ont été le théâtre des plus vives tensions (Douala, Yaoundé, Garoua, Maroua, Bafoussam), affichent par endroits un air de « villes mortes », entravant la reprise normale des activités. Ce sentiment de retenue, résumé par Makaïla Adoum :« Ce n’est pas tout le monde qui ouvre les boutiques, on peut se retrouver tout seul et se faire agresser. Trop de risques », traduit le besoin impérieux d’un retour à la stabilité.

L’urgence est à l’apaisement et au rétablissement d’un environnement sécurisé pour permettre à l’économie de reprendre son souffle. La relance des activités quotidiennes, le réapprovisionnement des marchés et la stabilisation des prix sont directement conditionnés par un retour au calme politique et social. Les commerçants, les transporteurs et l’ensemble des citoyens camerounais expriment un souhait commun : que la stabilité revienne enfin pour qu’ils puissent vaquer à leurs activités quotidiennes sans craindre pour leur sécurité et leur gagne-pain.

L’avenir économique du Cameroun est suspendu à la résolution rapide de la crise post-électorale.

Arsène Nna

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