Le verdict des urnes est tombé en Côte d’Ivoire. La Commission Électorale Indépendante (CEI) a proclamé hier lundi les résultats provisoires de l’élection présidentielle de ce week-end, confirmant la réélection d’Alassane Ouattara pour un quatrième mandat consécutif. Le président sortant a remporté un score écrasant au premier tour. Toutefois, la large victoire, acquise sans la participation des principales figures de l’opposition et sur fond d’un taux de participation modéré, soulève des questions sur la légitimité d’un scrutin aux allures de boulevard.
Le suspense n’aura pas duré bien longtemps. Le Président Alassane Ouattara (ADO) a été réélu à la tête de la Côte d’Ivoire, selon les résultats provisoires officiellement annoncés hier lundi par la Commission Électorale Indépendante (CEI). Dans une déclaration faite par le président de la CEI, Ibrahime Kuibiert Coulibaly, les chiffres sont sans équivoque : le chef de l’État sortant a raflé la mise avec un score stratosphérique de 89,77 \% des suffrages exprimés dès le premier tour.
Cette victoire, qualifiée de « plébiscite » par le camp présidentiel, s’est déroulée dans un contexte politique particulièrement tendu. L’élection avait en effet été boudée par les deux principales figures de l’opposition, qui dénonçaient un processus électoral déséquilibré. Face à un Ouattara sans réel adversaire d’envergure, le scrutin s’est transformé en formalité.
L’entrepreneur Jean-Louis Billon, seul autre candidat de poids à avoir maintenu sa participation, a recueilli 3,09 \% des voix, loin, très loin, du score du vainqueur.
Au-delà du score sans appel d’Alassane Ouattara, c’est le taux de participation qui retient l’attention. Selon les précisions d’Ibrahime Kuibiert Coulibaly, seulement 50,10 \% des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes. Ce chiffre, bien que supérieur à certains scrutins passés, illustre l’impact du boycott et des appels à l’abstention lancés par l’opposition. La moitié du corps électoral ivoirien n’a pas pris part au vote, jetant une ombre sur la pleine légitimité de ce quatrième mandat.
Le prochain chef de l’État, désormais assuré de diriger la Côte d’Ivoire pour sept années supplémentaires, devra rapidement s’atteler à la tâche délicate de la réconciliation nationale et de la décrispation politique, dans un pays qui reste divisé par l’enjeu du pouvoir. Les résultats définitifs devront désormais être validés par le Conseil Constitutionnel, l’ultime étape avant l’investiture.
Adélaïde Ibéri

