Le Capitaine Ibrahim Traoré, Président de la Transition burkinabè, a adressé un message cinglant mais fraternel au peuple camerounais. Dans une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux, le chef d’État s’est positionné non pas en donneur de leçons, mais en « frère africain », pour exhorter les citoyens à la « conscience patriotique » face aux ingérences extérieures. L’appel se concentre sur l’urgence d’une Afrique affranchie, invitant le Cameroun à rejeter la division et à s’appuyer sur ses immenses richesses pour assurer l’épanouissement de sa jeunesse.
Le Capitaine Ibrahim Traoré a fait résonner un message de panafricanisme en s’adressant directement au Cameroun. Vêtu de son uniforme militaire, le dirigeant burkinabè a insisté sur le moment « crucial » que vit le pays, où se joue le choix de son avenir. Il a d’emblée clarifié sa démarche : il s’adresse aux Camerounais en tant que « frère africain, un fils du continent qui partage leurs douleurs, leurs espoirs, leurs luttes », et non comme un dirigeant étranger.
Le ton est donné par une dénonciation ferme des manipulations politiques passées : « Trop longtemps nos peuples ont vu leurs voix confisquées, leurs choix manipulés, leurs espoirs enterrés sous le calcul d’intérêts étrangers. » Face à ce qu’il perçoit comme une subordination, le Capitaine Traoré lance un appel à la « conscience patriotique », estimant que « l’heure est venue pour le peuple camerounais de reprendre en main le destin de sa nation. »
L’allocution met en lumière le paradoxe des richesses africaines. Malgré des ressources naturelles « immenses », dit-il, les nations du continent « restent dépendantes des autres ». Le remède, selon le leader de la transition, passe par une réorientation radicale : « Nos richesses doivent servir d’abord à notre développement, à l’épanouissement de notre jeunesse.«
« Dans un pays potentiellement en période électorale, son message sur la citoyenneté est particulièrement marquant. Le vote, affirme-t-il, n’est « pas un jeu, ce n’est pas une formalité, c’est un acte de résistance », permettant à chaque citoyen de dire : « Je décide moi-même de mon avenir. » Il met en garde contre toute tentative de fraude ou de vol de la voix populaire, interpellant les institutions et les forces de défense et de sécurité à se tenir « du côté de la nation et non des individus. »
Le Capitaine Traoré a insisté sur l’impératif d’unité nationale, exhortant les Camerounais « du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest » à « refuser la haine » et la division ethnique ou régionale. Il affirme que « le Cameroun est un et indivisible » et que l’Afrique a besoin d’un Cameroun « fort, stable et souverain. » Son discours s’inscrit pleinement dans la dynamique panafricaniste actuelle, évoquant l’exemple du Burkina Faso, du Mali et du Niger, pour une Afrique qui se lève.
Il conclut en soulignant que « l’Afrique de demain ne se construira pas avec des mots, mais avec le courage des peuples », exhortant les Camerounais à faire preuve de ce courage.
Aboubakar Yalo
