Mora-Dabanga-Kousséri : Un chantier à deux vitesses

Gazelle D'Afrique
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Les travaux de reconstruction de la section Mora-Tchakamari, sur l’axe routier stratégique Mora-Dabanga-Kousseri, progressent à un rythme satisfaisant. Selon les récentes estimations, le taux d’avancement du chantier atteint les 64,66 %, ce qui laisse espérer une livraison du projet pour la fin de l’année 2025, comme prévu. Cette première phase de travaux, qui couvre un linéaire de 22 km, apporte un souffle nouveau à une région qui dépend de cette artère vitale pour son économie et sa sécurité.

Malgré les pluies de la saison, l’entreprise en charge du projet maintient le cap. La couche de fondation au sol amélioré est quasiment achevée sur 21,8 km, et la couche anti-fissuration sur 20 km. Les travaux se poursuivent avec l’imprégnation sablée sur plus de 13 km et la pose de la couche de base en grave-bitume sur plus de 12 km. Un planning serré a été établi pour la saison sèche à venir, avec pour objectif d’achever la couche de béton bitumineux pour que le tronçon soit pleinement opérationnel d’ici la fin de l’année.

Si le progrès de la section Mora-Tchakamari est une excellente nouvelle, il masque une problématique majeure : le reste de la route Mora-Dabanga-Kousseri, notamment le tronçon Dabanga-Waza-Kousseri, reste dans un état de délabrement avancé. Cet axe, qui est sans doute le plus important et le plus difficile de la région, n’a toujours pas vu le démarrage des travaux. Les usagers et les populations locales subissent au quotidien les effets de cette situation : enclavement, difficultés d’approvisionnement et insécurité routière.

Ce décalage dans le calendrier des travaux suscite des interrogations et une certaine frustration. La logique voudrait que les travaux soient menés de front, sur plusieurs tronçons, afin de gagner en temps et en efficacité. La simultanéité des chantiers aurait permis d’atténuer les souffrances des populations et de donner un signal fort de la volonté de l’État d’investir pleinement dans le développement de cette région.

Le gouvernement camerounais est confronté à des défis complexes pour la réalisation de ses infrastructures routières, notamment en raison de contraintes budgétaires, logistiques et sécuritaires. Cependant, la situation critique du tronçon Dabanga-Waza-Kousseri exige une attention particulière et la mise en œuvre de solutions urgentes.

Alors que l’entreprise s’apprête à entamer la phase finale de la section Mora-Tchakamari avec l’arrivée de la saison sèche, les regards se tournent vers le reste de la route. L’achèvement imminent de cette première phase pourrait servir de modèle pour le reste du projet, à condition que les financements nécessaires soient alloués et que les travaux sur les autres tronçons démarrent rapidement.

Le développement de l’Extrême-Nord, une région stratégique pour le Cameroun, dépend en grande partie de la qualité de ses infrastructures de transport. La reconstruction de la route Mora-Dabanga-Kousseri est un enjeu majeur, non seulement pour le commerce et le transport, mais aussi pour le désenclavement et la sécurité des populations.

L’engagement des autorités à finaliser les travaux dans les délais sur le tronçon Mora-Tchakamari est un pas dans la bonne direction. Reste maintenant à s’attaquer au reste du chantier, le plus important, pour que l’ensemble de la route soit pleinement fonctionnel.

Arsène Nna

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