La lettre pastorale de Monseigneur Samuel Kleda, archevêque de Douala, datée du 8 août dernier, a suscité une vive réaction de la part de l’homme politique Grégoire Owona. Dans une réponse formelle, le ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, qui se présente comme un fidèle paroissien, exprime son désaccord sur plusieurs points soulevés par l’archevêque. Son propos, empreint de respect mais aussi de fermeté, trace une ligne de démarcation claire entre ses convictions politiques et sa foi, tout en défendant le bilan du régime en place.
Grégoire Owona débute sa missive en saluant l’archevêque et en affirmant sa fidélité à l’Église catholique, rappelant qu’il est un paroissien de la cathédrale de Japoma où il respecte scrupuleusement les règles du droit canon.
Ce préambule permet de poser les bases d’un dialogue respectueux, de la part d’un homme qui se dit à la fois un fidèle et un acteur politique. C’est sur le fond de la lettre pastorale que l’homme politique marque son désaccord. Il estime que « beaucoup de choses que vous attribuez au Régime ne sont pas justes ».
Sans entrer dans les détails, il souligne que les travers dénoncés, tels que la corruption et le vol, ne sont pas l’apanage exclusif des autorités. Il rappelle avec une pointe de réalisme que l’Église elle-même, malgré plus de deux millénaires d’existence, n’a pas réussi à éradiquer ces fléaux. Une manière de relativiser les critiques et d’insister sur la complexité des défis sociaux, qui ne sauraient être imputés à une seule entité.
Au-delà de la critique, le cœur du message de Grégoire Owona est un plaidoyer pour la continuité politique. Après une réflexion approfondie et des échanges avec ses concitoyens, il annonce publiquement son choix de voter pour le président Paul Biya, qu’il voit comme le seul garant de la « paix, de la sécurité et des bonnes évolutions » pour le Cameroun. Ce choix, qu’il qualifie de « voie de la sagesse » et de « tempérance », se veut être un appel à la stabilité dans un contexte préélectoral.
Il exprime sa gratitude envers Monseigneur Kleda, en tant que « Père-Évêque » et successeur du regretté Cardinal Tumi, témoignant ainsi d’une relation personnelle et respectueuse. Cependant, cette proximité ne l’empêche pas de faire un choix politique qui diverge de l’orientation critique de la lettre pastorale.
En conclusion, Grégoire Owona prie l’archevêque de lui « pardonner ses péchés », une formule qui renvoie à la fois au respect de l’autorité ecclésiastique et à la légitimité de son propre positionnement.
Arsène Nna

