Dans une tournure inattendue et stratégique des événements politiques camerounais, l’Honorable Salmana Amadou Ali, figure de proue et président national du Rassemblement Populaire (RP), a opéré un revirement significatif, inattendu d’ailleurs, marquant une rupture notable avec son alliance de longue date avec le Ministre Issa Tchiroma Bakary, président du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC). Ce changement d’allégeance, symbolisé par sa récente réception au Palais de l’Unité le 17 juillet 2025 dernier, par le Secrétaire Général de la Présidence de la République (SGPR), Ferdinand Ngoh Ngoh, également président du comité stratégique de campagne du Président Paul Biya, est un développement majeur dont les répercussions pourraient s’avérer déterminantes pour l’issue des prochaines échéances électorales, particulièrement dans le Grand Nord.
Jusqu’alors, Salmana Amadou Ali était perçu comme un pilier indéfectible de la coalition autour d’Issa Tchiroma Bakary, un tandem dont l’influence dans les régions septentrionales du Cameroun n’était plus à démontrer. Leur collaboration avait permis de mobiliser une part considérable de l’électorat du Grand Nord en faveur des initiatives gouvernementales.
Cependant, l’audience au Palais de l’Unité avec Ferdinand Ngoh Ngoh, architecte discret mais influent des stratégies politiques présidentielles, scelle publiquement ce nouveau chapitre. Ce rapprochement avec le camp présidentiel de Paul Biya signale non seulement une redéfinition des alliances politiques, mais aussi une potentielle redistribution des cartes électorales.
L’impact de ce ralliement est potentiellement colossal. Le Grand Nord, bassin électoral crucial en raison de sa démographie et de son poids historique dans le paysage politique camerounais, est traditionnellement un bastion où les voix sont âprement disputées. La capacité de mobilisation de Salmana Amadou Ali, qui jouit d’une légitimité et d’une popularité considérables auprès des populations locales, pourrait désormais être canalisée au profit de la candidature de Paul Biya.
Ce basculement des voix, si les anticipations se confirment, serait un atout majeur pour le parti au pouvoir, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), et son candidat. Il fragiliserait par la même occasion la base électorale de l’opposition et des formations politiques dont le FSNC du Ministre Tchiroma Bakary, qui se verraient privés d’un allié de poids et d’une influence significative dans une région stratégique.
Dans cette dynamique, le rôle de Ferdinand Ngoh Ngoh est d’une importance capitale. En tant que Secrétaire Général de la Présidence de la République et, plus spécifiquement, président du comité stratégique de campagne du Président de la République, il est le maître d’œuvre des manœuvres politiques de haut niveau. Les « consultations diverses organisées par lui à la présidence de la République » sont révélatrices de son approche méthodique et de sa capacité à orchestrer des rapprochements cruciaux.
Ces rencontres, souvent discrètes et menées dans les coulisses du pouvoir, sont essentielles pour sonder les humeurs politiques, identifier les opportunités et rallier des figures influentes comme Salmana Amadou Ali. Elles démontrent une stratégie proactive visant à consolider le socle électoral du Président Biya en prévision des prochaines échéances.
En définitive, le revirement politique de l’Honorable Salmana Amadou Ali est bien plus qu’une simple transaction politique ; il s’agit d’un événement qui pourrait transformer le paysage électoral du Grand Nord et, par extension, influencer l’issue générale des élections.
Ce ralliement, savamment orchestré par des figures clés telles que Ferdinand Ngoh Ngoh, met en lumière les dynamiques complexes et les alliances fluctuantes qui caractérisent la scène politique camerounaise, où chaque mouvement est calculé pour maximiser les chances de succès du candidat sortant. Le silence observé par le FSNC et son président, Issa Tchiroma Bakary, face à cette nouvelle donne, sera également révélateur des réajustements stratégiques à venir.
Arsène Nna, Crédit image: Cameroun Tribune

